Mise à jour: 25/03/2011 13:51  
Nouvelle campagne de sensibilisation
Mieux comprendre l’homosexualité dans les communautés culturelles
Anne-Sophie Laframboise
 
La Fondation Émergence a lancé vendredi la nouvelle campagne de sensibilisation aux réalités homosexuelles destinée aux communautés culturelles. photo: Joël Lemay
« Parce l’homosexualité, ce n’est pas une maladie », c’est sur ce ton que la Fondation Émergence a lancé vendredi, à la station de métro Berri-UQAM, la nouvelle campagne de sensibilisation aux réalités homosexuelles destinée aux communautés culturelles.

Dans le cadre de la 12ième édition de la Semaine d’actions contre le racisme qui a pour thème « Faire tomber les barrières », les membres l’organisme voué à lutte contre l’homophobie et la discrimination, ont dévoilé cinq affiches (et leurs déclinaisons en format carte de visite), représentants chacune un parent d’une communauté culturelle en compagnie de son enfant, avec pour slogan :

« Je soutiens mon fils gai parce qu’il est mon enfant », ou « Je soutiens ma fille lesbienne parce qu’elle est mon enfant ».

Faire face à une double discrimination

Pour Laurent McCutcheon, président de la Fondation Émergence, cette campagne est d’autant plus nécessaire qu’il demeure encore assez difficile de rejoindre les communautés culturelles et informer l’entourage familial des personnes gaies et lesbiennes qui en font partie.

« On ne peut pas leur reprocher leurs convictions, mais simplement informer et éduquer les communautés culturelles à l’égard de l’homosexualité pour défaire certaines perceptions à cet égard », explique M. Cutcheon.

« C’est déjà difficile de s’intégrer et faire face aux nombreux préjugés lorsqu’on est immigrant alors imaginez s’avouer homosexuel alors que c’est tabou, voire interdit dans plus de 75 pays. C’est un processus qui est très long et pénible », ajoute celui-ci.

Pour Clélia Dangué, chargée de programme pour la Fondation, plusieurs préjugés face à l’homosexualité sont à démystifier au sein des communautés culturelles.

« Lorsqu’on pense homosexualité, on pense débauche, sauna, Unity et village gai, alors que ce n’est pas du tout le cas. J’ai vu de véritables histoires d’amour qui durent depuis quinze ans, il faut que l’on comprenne que l’homosexualité est une réalité, car malgré l’origine ethnique ou les convictions religieuses, nous sommes avant tout des êtres humains », explique cette Québécoise d’origine gabonaise.

S’assumer sans avoir à se cacher

Neev Bensimhon, qui est juif-marocain, comprend bien les difficultés auxquelles font face les homosexuels issus de communautés culturelles.

« Il y a tellement de stéréotypes voulant que chez les immigrants, il n’y ait ni pauvres, ni homosexuels. C’est très tabou et il faudrait en parler davantage », explique-t-il.

Même son de cloche pour Eddy King, humoriste d'origine congolaise.

« Même au sein des familles occidentales, c’est difficile. Il y a une grande pression sociale alors imaginez chez certaines communautés, on peut s’attendre à se faire renier par sa famille et l’homophobie est telle que certaines personnes demande le statut de réfugié au Canada ».

On estime à 10%, la proportion d’homosexuels issus de communautés culturelles.

 
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