Mise à jour: 03/12/2013 09:54  
Doit-on se méfier du Bitcoin?
Carl Renaud
 

Vous avez peut-être entendu parler des dernières prouesses du Bitcoin, la semaine dernière. La monnaie virtuelle a franchi le seuil symbolique des 1000 $ US, mercredi, avant de grimper jusqu'à 1225 $, quelques jours plus tard.

Le cours de la devise a connu toute une progression depuis quelques mois. En octobre, on devait débourser environ 200 $ pour acquérir un Bitcoin alors qu'on versait seulement une vingtaine de dollars, en début d'année.

La valeur du Bitcoin s'est multipliée environ 60 fois depuis janvier. À tel point que certains voient la devise, née au Japon en 2009, comme l'or 2.0. Le profit empoché par ceux qui ont misé sur le Bitcoin est certainement alléchant. Mais le pari comporte certains risques.

Vous devez d'abord savoir que cette monnaie numérique est décentralisée, car elle n'est pas supervisée par les autorités financières. Si le Bitcoin connaît une croissance vigoureuse, c'est justement parce qu'aucune banque centrale ne contrôle sa valeur. Ça laisse le champ libre aux spéculateurs, qui poussent le cours à la hausse.

C'est un crac japonais de l'informatique, connu sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto, qui a créé le Bitcoin après la crise financière de 2008.

La devise peut être échangée par le biais d'un ordinateur ou d'un téléphone intelligent. Ceux qui veulent en acquérir doivent simplement se procurer un portefeuille virtuel. Il est possible de le faire sur des sites comme Coinbase ou MyWallet.

Ensuite, les Bitcoins sont achetés auprès d'un courtier qui les échange contre une monnaie traditionnelle, le dollar américain ou la devise canadienne, notamment.

Les pièces peuvent être utilisées pour faire des achats auprès de détaillants en ligne, dont des vendeurs de produits électroniques, ou chez certains marchands traditionnels. À Montréal, la pizzéria Rodi, située dans le quartier NDG, a accepté les paiements en Bitcoins quelque temps.

La devise est plus en vogue dans l'Ouest canadien. Particulièrement à Vancouver où un plus grand nombre de marchands l'acceptent. On y trouve même un guichet qui distribue des pièces de Bitcoins virtuelles.

Selon une étude de la Réserve fédérale américaine, qui s'est penchée sur l'engouement, environ 11,8 millions de Bitcoins ont été distribués jusqu'à main-tenant dans le monde. Plus de la moitié des 21 millions d'unités que Satoshi Nakamoto veut mettre en circulation.

Transactions anonymes

On estime qu'environ 75% des Bitcoins ont été acquis par des investisseurs, dans le but d'encaisser un profit. C'est le cas des frères Winklevoss, ceux qui ont accusé Mark Zuckerberg de leur avoir piqué l'idée de Facebook.

L'autre quart aurait été acquis pour faire des achats, légaux ou non. Des marchands d'armes et de drogues utiliseraient le Bitcoin pour éviter que les autorités remarquent leurs échanges. La monnaie numérique est attrayante pour ceux qui veulent faire de l'évasion fiscale ou du blanchiment d'argent, car toutes les transactions sont anonymes.

Acheter des Bitcoins semble risqué en raison de la présence de nombreux spéculateurs, parfois douteux, sur un marché virtuel et anonyme, qui est hors du contrôle des autorités. En fait, le public n'est pas du tout protégé.

Certains investisseurs ont probablement empoché de gros profits en achetant et en revendant des Bitcoins. Par contre, il est également possible de perdre beaucoup d'argent si le cours dégringole. La monnaie est extrêmement volatile. Son cours a glissé sous les 900 $après son sommet, avant de refranchir le cap des 1000 $.

Un effondrement du Bitcoin pourrait survenir à tout moment. Si la mode s'estompe et que les investisseurs ne s'intéressent plus à la devise, les échanges seront moins fréquents et la valeur du Bitcoin plongera.

«Les autorités vont finir par réglementer le Bitcoin même si la devise est une goutte d'eau dans la finance mondiale. On ne souhaite pas que d'autres monnaies du genre voient le jour parce que les transactions sont décentralisées et anonymes. Ce jour là, la devise pourrait dégringoler», Ianik Marcil, économiste indépendant.

Le Bitcoin en quelques chiffres

11,8 millions : unités en circulation

21 millions : plafond des unités disponibles

1225 $ US : sommet du Bitcoin

11 800 G$ US : masse monétaire en circulation

Sources : Bitcoin Québec et AFP


 
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