Mise à jour: 28/11/2013 16:15  
Journée mondiale de lutte contre le sida
Geneviève Gagné
 
Yves, qui habite à la Maison du Parc, a contracté le virus du VIH dans les années 1980. Geneviève Gagné/24h

Les infections transmises sexuellement connaissent une hausse alarmante chez les jeunes et le VIH n'échappe pas à cette inquiétante tendance. La maladie qui a fait des ravages dans les années 1980 continue à faire des victimes, surtout chez les 15 à 29 ans, qui constituent 27% de tous les diagnostics posés au Canada. Le problème aujourd'hui: ils croient à tort qu'un remède pour la maladie existe.

La Journée mondiale de lutte contre le sida, qui se tiendra le 1er décembre, rappelle l'importance de sensibiliser à cette maladie qui tue encore chaque année.

Depuis 30 ans, la recherche sur le VIH/sida a fait d'immenses progrès. Grâce aux médicaments rétroviraux introduits en 1996, la maladie est passée d'une condamnation à mort à une maladie chronique. Une mort repoussée, mais qui ne vient pas sans répercussions sur la santé.

Les personnes atteintes du virus doivent prendre de nombreux médicaments tous les jours et à des heures très précises, un cocktail qui vient avec une kyrielle d'effets secondaires.

«Les médicaments ont allongé la durée de vie des personnes infectées, mais la qualité de vie est réduite et ils vieillissent plus vite que la population normale», explique le Dr Éric Cohen, de l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).

Manque d'éducation sexuelle

La source Canadienne de renseignements sur le VIH et l'hépatite C (CATIE) a constaté une recrudescence de l'épidémie chez les jeunes, surtout les garçons qui ne s'identifient pas comme homosexuels, mais qui expérimentent leur sexualité avec d'autres hommes. Michael Bailey, directeur pour la réalisation des programmes chez CATIE, blâme le manque d'éducation sexuelle dans les écoles secondaire.

«Au Québec, par exemple, on ne parle pas autant de santé sexuelle dans les écoles qu'avant. On sonde les jeunes et il nous disent qu'il y a une guérison à la maladie, mais c'est une fausse croyance due au manque d'éducation», dit-il.

Une constatation que partage Yves, sidéen qui habite depuis deux ans à la Maison du Parc, une demeure qui accueille temporairement les personnes atteintes du sida pour les aider à retrouver une stabilité, un meilleur encadrement et une famille.

«La sexualité, c'est partout, il y a une hypersexualisation dans la société, mais il n'y pas d'éducation», dénonce-t-il.

Yves a contracté le virus du VIH dans les années 1980, en plein boom de la maladie.

«Dans les débuts de la maladie, les infirmières ne voulaient pas me toucher, elles me laissaient les repas à la porte. Les gens ont évolué, mais les jeunes maintenant pensent que tu prends une pilule et c'est fini!» dit-il, abasourdi.

« Maladie de vieux »

Pour Réjean Thomas, médecin et cofondateur de la Clinique médicale l'Actuel de Montréal, les jeunes associent souvent le VIH/sida à une « maladie de vieux ».

Située sur le boulevard de Maisonneuve, la clinique traite surtout les personnes à haut risque, comme les homosexuels et les consommateurs de drogues par voie intraveineuse.

«Il y a 25% des personnes infectées qui ont en bas de trente ans, ça reste un mauvaise nouvelle quand même, dit-il d'un air inquiet, on en parle moins qu'avant, les gens ont moins peur. Mais ça crée un effet d'isolement, il y a moins de groupes communautaires. Il faudrait que quelqu'un prenne la relève de la prévention.»

Pour Yves, la prévention est aussi la clé pour ne pas se retrouver dans une situation à risque.

«Il suffit d'une relation sexuelle. Je me suis toujours protégé et la fois où je ne l'ai pas fait, c'est arrivé.»

Calcule ton risque VIH

Pour conscientiser les jeunes à la maladie, l'application Sexposer a été créée par Portail VIH/sida du Québec. Les utilisateurs peuvent répondre à un questionnaire sur leurs habitudes de vie pour calculer les risques de contracter le VIH, mais aussi obtenir de l'information sur les façons de les réduire et les endroits où des tests de dépistage sont donnés.

Une méthode efficace, selon le docteur Réjean Thomas.

«Pour sensibiliser les jeunes, il faut absolument passer par les médias sociaux ou les applications du genre.» , estime-t-il.

Les défis de l'avenir selon Réjean Thomas

Vieillissement de la population :

Les personnes qui ont contracté le sida dans les années 1980 vieillissent et se retrouveront éventuellement dans les hôpitaux et dans les CHSLD. Ils ne sont toutefois pas prêts à les recevoir et il n'y a aucune formation pour les accueillir convenablement.

Prévention :

C'est par l'éducation que passe la prévention. Elle doit commencer à la fin de l'école primaire, avant que les jeunes n'aient leurs premières relations sexuelles. Il faut leur parler du plaisir, du condom, pas seulement des maladies comme on le fait maintenant.

Événements organisés pour l'occasion

Voix d'espoir

Concert bénéfice au profit de la Maison du Parc avec l'association des musiciens de l'Orchestre Symphonique de Montréal et la chorale de l'église St. Andrew et St. Paul.

Où : Église St. Andrew et St. Paul, Sherbrooke Ouest Angle Redpath

Quand : Vendredi 29 novembre à 19h30

Cabaret de GL'AMOUR

Le spectacle est une collecte de fonds pour l'organisme Sida Bénévoles Montréal

Où : Café Cléopâtre, 1230 boulevard St-Laurent

Quand : Le dimanche 1er décembre 19h30


 
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