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Grève étudiante de 2012

Nadeau-Dubois publie son essai

07/10/2013 08h20 - Mise à jour 07/10/2013 08h46

Gabriel Nadeau-Dubois.
Photo Ewan Sauves/24h
L'ancien leader et porte-parole étudiant Gabriel Nadeau-Dubois publie cette semaine son «essai politique» intitulé Tenir tête. Analyses, réflexions et dénonciations : Gabriel Nadeau-Dubois tient à mettre les points sur les «i».

En août 2012, Gabriel Nadeau-Dubois démissionne de son poste de porte-parole de la CLASSE et planche aussitôt sur son manuscrit sur le printemps érable. Ce qui devait n'être que le titre d'un chapitre finira finalement par définir l'essence même de son livre.

«Tenir tête comme titre de livre, c'est le fruit de longues discussions, explique au 24 h le jeune homme, attablé dans un café du Quartier Latin. Ça reflète bien l'esprit de la grève. Le fait de tenir tête a été une des raisons pour laquelle beaucoup de gens se sont joints à notre mouvement et pourquoi beaucoup s'en sont distanciés aussi.»

Nadeau-Dubois a été une figure incontestable de la grève générale illimitée étudiante, qui a plongé le Québec dans une crise sociale sans précédent.

À la tête d'une des principales associations étudiantes, il s'est retrouvé personnellement au milieu d'un tourbillon médiatique important.

Pendant la rédaction de son livre, l'ancien leader étudiant s'est volontairement distancié du militantisme actif pour prendre le temps de mettre sur papier ses interrogations. Près d'un an et demi plus tard, il semble avoir trouvé les réponses aux questions qui le hantaient.

Tenir tête n'est toutefois ni «récit officiel» du printemps érable, ni une «biographie», tient à préciser Gabriel Nadeau-Dubois.

«L'idée n'était pas de faire une commémoration de la grève ou d'en faire un artéfact pour un musée, avertit-il. C'est un essai politique accessible pour tout ceux et celles qui veulent essayer de réfléchir à ce qu'il y avait derrière les images qu'on a tournées en boucle à la télévision, derrière les débats de sémantique un peu inutile.»

Moments chauds

Plusieurs moments chauds de la grève générale illimitée sont mentionnés dans son ouvrage qui sera en librairie le 10 octobre, entre autres le débat entourant le déroulement des assemblées générales, tenues tout l'hiver et le printemps 2012 dans les cégeps et les universités.

Selon Gabriel Nadeau-Dubois, l'acharnement des médias envers ce processus «des plus démocratiques» est «la plus grande injustice qui a été commise à l'égard des militants».

«C'est un point que je voulais absolument expliquer et corriger, martèle l'étudiant en philosophie à l'Université de Montréal. C'est absolument épouvantable ce qu'on a dit sur les votes de grève. La raison pour laquelle les gens ont essayé de décrédibiliser les assemblées générales, ce n'était pas pour défendre les vertus de la démocratie, mais pour taire les étudiants et abattre leur mouvement.»

Autre thème discuté dans Tenir tête : l'attention portée à son statut de porte-parole de la CLASSE. Il réitère qu'il devait obligatoirement sonder les membres de son association avant de se prononcer publiquement sur certains enjeux.

«Durant la grève, je me demandais vraiment si c'était une réelle sincère incompréhension de notre mode de fonctionnement ou bien s'il s'agissait d'une stratégie pour nous attaquer, lance Gabriel Nadeau-Dubois. Je pense que j'en ai compris le sens en écrivant ce livre-là.»

ewan.sauves@quebecormedia.com

 
 

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