24 HEURES - Le mardi 18 décembre 2018

Législatives françaises : Incertitudes et divergences à Montréal

11/03/2012 17h08 

À quelques mois de leurs élections législatives, les ressortissants français de Montréal ne savent toujours pas dans quelles conditions ils pourront voter car une directive du gouvernement fédéral remet en cause la tenue de ce vote sur le sol canadien.

« Il y aura un vote à l'urne à Montréal. » Marianne Bonnard, présidente de Français du monde Québec-Atlantiques, une association de gauche, est catégorique. « L'absence de ce type de vote serait un motif d'invalidation de l'élection dans son ensemble », ajoute-t-elle. Une information confirmée par le consulat de France à Montréal.

Cette précision rassurera les expatriés qui ont appris l'automne dernier que le gouvernement fédéral canadien ne voyait pas d'un bon œil l'élection d'un député français représentant la zone Amérique du Nord. Selon John Baird, ministre des Affaires étrangères canadiennes, ce type d'élection porte atteinte à la souveraineté du Canada.

« La position du gouvernement Harper me choque. C'est une atteinte à un droit essentiel », tempête Stéphane Minson, président de l'Union des Français de l'étranger au Québec, orientée à droite.

La droite et la gauche s'opposent

Si le premier ministre canadien parvient à faire l'unanimité contre lui de la part des ressortissants français de toutes obédiences, ces derniers ne s'accordent pas sur tout.

Les divergences portent sur les efforts faits pour permettre des élections dans de bonnes conditions. À Montréal, le vote pourrait se dérouler uniquement au consulat, qui n'est pas sous juridiction canadienne. « Il y a 42 000 Français inscrits sur les listes de Montréal. Imaginez des milliers de personnes entassés au 10e étage d'un immeuble », s'inquiète Mme Bonnard, qui précise que pour les prochaines élections présidentielles françaises, vingt bureaux de vote seront ouverts dans la métropole.

« C'est à croire que le gouvernement de Sarkozy ne souhaite pas favoriser la participation au vote », soutient Yan Chantrel, porte-parole de la candidate socialiste Corinne Narassiguin. Ce dernier ajoute que les 55 % de voix récoltées par la socialiste Ségolène Royal aux élections présidentielles de 2007 ne seraient pas étrangers à ce flottement.

Une version qui ne trouve évidemment pas d'échos à droite. « L'ambassade tente d'informer au maximum les expatriés sur les possibilités de voter à distance plutôt qu'à l'urne, souligne M. Minson. Et puis, il ne faut pas s'attendre à une forte participation des expatriés pour ce type d'élection. »

Les deux tours d'élections législatives se tiendront à Montréal les 2 et 16 juin.

matthieu.payen@24-heures.ca

 
 

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