24 HEURES - Le vendredi 28 novembre 2014

Hockey

Kovalev ralentit son plan 50

14/02/2013 13h42 

Alex Kovalev fait profiter les jeunes joueurs des Panthers de son expérience.
Photo Agence QMI - Martin Chevalier
SUNRISE, Floride - Il ne faut jamais parier contre Alex Kovalev. On croyait que la Ligue nationale (LNH) représentait un scénario impossible pour lui après un exil d'un an avec l'Atlant de Mytichtchi, dans la KHL.

Kovalev a déjoué toutes les prévisions en retrouvant sa place au soleil avec les Panthers de la Floride au retour du lock-out.

«L'Artiste» fêtera le 24 février prochain ses 40 ans. À ses belles saisons avec le Canadien de Montréal, il parlait d'imiter Gordie Howe en prolongeant sa carrière jusqu'à l'âge vénérable de 50 ans.

À sa sortie d'un entraînement matinal au BB&T Center de Sunrise, Kovalev a tenu un discours plus logique.

«Est-ce que je peux jouer jusqu'à 50 ans? Ça dépendra, a-t-il répondu avec un grand sourire. Vous voyez à quel point c'est difficile d'atteindre la LNH, il y a tellement de bons jeunes joueurs. Si je peux signer un autre contrat à la fin de la saison avec les Panthers ou une autre équipe de la LNH, je ne dirais pas non. Je devrai attendre pour savoir si une équipe voudra de mes services.»

Gordie Howe, qu'on surnommait «Monsieur Hockey», peut donc dormir en paix. Kovalev ne battra visiblement pas sa marque. À l'âge de 51 ans, Howe avait conclu sa carrière professionnelle de 32 saisons en endossant l'uniforme des Whalers de Hartford pour 80 matchs en 1979-1980, récoltant 41 points (15 buts, 26 mentions d'aide).

Un rôle limité

À son premier match de son retour dans la LNH, Kovalev avait fait les choses en grand avec trois points (un but, deux mentions d'aide) dans un gain de 5-1 des Panthers face aux Hurricanes de la Caroline.

Le numéro 27 des Panthers n'a toutefois pas maintenu ce rythme endiablé. Depuis sa performance de trois points, il n'a marqué qu'un seul but à ses neuf rencontres suivantes. Il a aussi pris le chemin de la passerelle de presse à deux occasions.

«Non, ce n'était pas trop difficile de me retrouver dans les gradins, puisque je m'y attendais, a expliqué Kovalev. Les Panthers m'avaient prévenu qu'il s'agissait d'une possibilité. Kevin Dineen me connaît moins et il fait confiance à ses joueurs de l'an dernier, c'est assez logique.»

Maintenant plus sage à l'approche de ses 40 ans, Kovalev n'a jamais piqué de colère. Au contraire, Dineen l'a décrit comme un véritable professionnel.

«Nous avions toutefois averti Kovy qu'il ne serait pas utilisé pour chacun de nos matchs, a rappelé l'entraîneur-chef des Panthers. C'est toujours plus facile quand tu préviens ton joueur, c'est plus facile à accepter que le matin même d'un match.»

«Alex a l'attitude parfaite d'un athlète professionnel, il travaille excessivement fort avec nos plus jeunes joueurs, a-t-il renchéri. Il sert de bon professeur à nos jeunes. Et quand je lui donne une tape dans le dos pour lui dire qu'il fera partie de ma formation, je sais qu'il sera prêt.»

Un talent remarquable

Le jour où il accrochera ses patins pour de bon, Kovalev laissera un héritage considérable avec une carrière de plus de 1000 points, de plus de 400 buts et de plus de 1300 matchs. Son nom a été gravé sur la coupe Stanley quand les Rangers de New York l'ont gagnée en 1994.

Sur le plan du talent brut, Mario Lemieux a déjà identifié Kovalev comme le joueur qui l'avait le plus impressionné.

Avec Kovalev, on gardera toujours une impression qu'il aurait pu devenir un attaquant encore plus dominant.

«J'ai vécu mes meilleurs moments avec les Penguins et je serai toujours reconnaissant envers Mario, a déclaré "l'Artiste". C'est toujours plaisant quand un des plus grands de l'histoire de la LNH parle de moi comme un joueur avec un talent rare. Je crois toutefois que ça ne sert à rien d'avoir des regrets. Oui, j'aurais pu amasser plus de points ou marquer plus de buts. Mais, tous les joueurs tiendront le même discours.»

«J'ai souvent pensé à ma carrière et oui, j'aurais voulu changer certaines choses, a poursuivi Kovalev. Par contre, je suis content de ce que j'ai accompli. Ça ne sert à rien de vivre toujours dans le passé, tu ne peux rien corriger. C'est derrière moi.»

 
 

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