24 HEURES - Le jeudi 22 juin 2017

La discrimination positive est un scandale

28/07/2010 10h55 

Mathieu Bock-Côté
Si le gouvernement conservateur a mauvaise réputation au Québec, on ne saurait toutefois lui contester ses initiatives les plus valables. La remise en question de la discrimination positive en est assurément une.

Un mot d’abord sur la vision de la société des partisans de la discrimination positive. Selon eux, la société occidentale serait un système d’exclusion raciste et sexiste. Une « majorité blanche » exercerait son hégémonie sur les grandes institutions et les « minorités » seraient ghettoïsées, ­marginalisées. Pour corriger cette situation, on privilégiera l’embauche de représentants des « minorités », ce que ­permettrait la discrimination positive.

Mais ce langage faussement vertueux masque un véritable scandale. Une femme d’Ottawa l’a récemment découvert. Un emploi pour lequel elle voulait postuler était réservé à certains groupes ethniques. Du simple fait qu’elle était « blanche », elle en était formellement ­exclue. Ainsi, la personne appelée à occuper ce poste aura d’abord pour fonction d’y représenter son groupe ethnique plutôt que d’y performer. Adieu l’excellence!

Résumons la chose ainsi : vous souhaitez un poste pour ­lequel vous êtes remarquablement qualifié? Mais vous vous appelez Pierre Tremblay? Ou John Smith? Pas de chance! Vous n’aurez pas ce poste car vous êtes coupable d’appartenir à la majorité. Comme le disait récemment Anne Lauvergeon, la présidente de la grande entreprise française Areva, « à compétence égale, on choisira autre chose que le mâle blanc ». Il ne faut pas se laisser berner par la « compétence égale », qui n’est que cosmétique. Évidemment, si vous protestez, on vous accusera de ­racisme.

La discrimination positive réduit la justice sociale à un bête système de quotas ethniques et sexuels qui trie les individus selon leurs origines plutôt que selon leurs mérites. Mais à vouloir faire correspondre la distribution des postes à un fantasme statistique qui relève du multiculturalisme victimaire, c’est la liberté de chacun qui régresse, le bien commun qui écope et la société qui se fragmente.

La discrimination positive est malfaisante. Si je suis malade, je ne voudrai pas me faire ­soigner par un médecin blanc, noir ou mauve, mais ­simplement par un excellent médecin. En toutes circonstances, c’est la compétence qui devrait prévaloir. C’est aussi l’avis de la majorité silencieuse. Il était temps qu’on l’entende.

 
 

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