24 HEURES - Le samedi 19 mai 2012

La SAQ et nous

05/04/2011 08h35 

David Descôteaux
Il y a quelques années, j’ai voulu m’initier au vin avec des amis. Pour développer nos papilles gustatives, on organisait des soirées vins et fromages. On achetait plusieurs bouteilles du même vin (même producteur), mais de cépages et de millésimes divers. Pour goûter la différence.

La différence, on l’a vue dans notre portefeuille. Même une bouteille bas de gamme coûte 13 ou 14 $ au Québec. L’idée fut abandonnée rapidement. Trop cher.

Hier, j’apprends que la Société des alcools du Québec (SAQ) veut vendre du vin par Internet aux Américains. En achetant le distributeur américain de vin en ligne JJ Buckley, selon La Presse.

Euh… avant d’essayer de plaire aux consommateurs américains, la SAQ pourrait-elle s’occuper de nous, ses clients québécois?

Petite vérification hier soir : vous pouvez acheter par Internet une caisse de Cabernet Sauvignon Woodbridge 2009 à 6,99 $ la bouteille, dans un commerce de New York. Livrée à votre porte en moins de deux semaines. Seul problème : au Québec, vous devez obligatoirement passer par la SAQ, qui va se prendre une cut sur votre transaction. Et toute une! À la SAQ, la même bouteille coûte 14,95 $. Résultat : vous payerez plus du double que prévu.

Au lieu d’aider les Américains à s’acheter du vin en ligne, pourquoi ne pas aider les Québécois? Ceux qui aimeraient acheter des bouteilles partout dans le monde via Internet, sans passer par la SAQ?

Réponse courte : parce que le rôle de la SAQ, c’est d’enrichir le gouvernement. C’est un monopole d’État. Et sans concurrent, elle nous saigne allègrement. Elle achète un vin 5 $, se prend une marge de 7 $, et nous le revend 15 $ (incluant les taxes). Et personne ne doit concurrencer la SAQ!

Ce serait bien si la SAQ commençait par fournir un bon rapport qualité-prix à ses clients d’ici avant d’envahir d’autres marchés. Mais pour ça, il faudrait ouvrir la porte à la concurrence. Permettre à des gens de lancer leur propre boutique de vins, afin de forcer la SAQ à baisser ses prix pour protéger ses parts de marché.

Mais c’est rêver en couleur. La SAQ est une vache à lait pour le gouvernement. Elle risque de nous traire le portefeuille pour encore longtemps.

Je vous quitte. Je dois préparer ma soirée bières et fromages avec les amis.

 
 

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