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Album

Black Sabbath: le retour d'Ozzy

11/08/2013 14h35 

Photo Agence QMI
NEW YORK - Avec le retour de son chanteur originel Ozzy Osbourne, le nombre 13 semble porter chance à Black Sabbath.

Les vétérans britanniques du heavy métal se réunissent autour du «Prince des ténèbres» pour la première fois depuis 35 ans, avec un album au titre révélateur, 13, numéro 1 dans plus de 50 pays. Pas mal pour un groupe qui n'est pas présent sur les réseaux sociaux.

«Je ne peux même pas enfiler mon pantalon le matin», a avoué Ozzy Osbourne, 64 ans, avec son accent de Birmingham, installé aux côtés du bassiste Geezer Butler (64 ans lui aussi) lors d'une entrevue exclusive accordée à l'Agence QMI dans un hôtel de Manhattan. «Je suis inutile, je suis nul en informatique», a-t-il poursuivi.

C'est peut-être vrai, mais le groupe - composé du guitariste originel Tony Iommi, 65 ans, et de Tommy Clufetos, le batteur d'Ozzy Osbourne en remplacement de Bill Ward, qui est retenu par d'autres contrats (c'est Brad Wilk, le batteur de Rage Against The Machine qui est entré en studio pour l'album) - est actuellement en tournée en Amérique du Nord, avec deux dates pour le Canada : le 14 août au Air Canada Centre de Toronto et le 22 août au Rogers Arena de Vancouver.

Mais réunir le groupe légendaire autour d'Ozzy Osbourne n'a pas été une mince affaire. Le chanteur est retombé dans l'alcool et la drogue durant 18 mois, sa femme gérante Sharon l'a même expulsé de leur domicile jusqu'à ce qu'il redevienne sobre - il s'est excusé publiquement depuis - et un cancer a été diagnostiqué à Tony Iommi en 2012. Ce dernier reçoit actuellement un traitement de chimiothérapie.

«Nous avons commencé à faire cet album en 2001», a dit Ozzy Osbourne, soit l'année durant laquelle le groupe s'est associé au producteur rock et hip-hop de renom Rick Rubin, «fan» invétéré de Black Sabbath. Rubin est en effet à la barre de 13.

«Ce n'était pas perdu, et je pense que Bill a eu une crise cardiaque, ou quelque chose du genre, nous avons donc été obligés de tout reporter. (...) Ensuite, lorsque nous avons appris que Tony avait un problème, nous avons dit : «Oh! Non». Annoncer que vous allez reformer le groupe pour un album est facile, mais quand vous commencez vraiment à le faire, tous les problèmes possibles et imaginables vous tombent dessus.»

Rick Rubin a embauché Brad Wilk, a dit Geezer Butler, car «il a été élevé avec du Black Sabbath, et Bill Ward est l'un de ses héros, donc c'était parfait pour lui.»

En ce qui concerne le producteur, il a défié toutes les attentes. «J'avais entendu des rumeurs selon lesquelles il n'était pas très impliqué, qu'il travaillait avec cinq groupes différents dans plusieurs studios en même temps, a raconté Ozzy Osbourne. Mais, tout ce que je peux dire, c'est qu'il m'en a parlé pendant un moment, un long moment, et ce que je veux dire par là, c'est qu'il m'en parle depuis le début des années 80. Il est toujours venu à moi en me disant : "Si jamais tu fais un album avec Black Sabbath, dis-le-moi, je dois le produire!"»

«Il y a des groupes avec lesquels il a toujours voulu collaborer : Black Sabbath, Led Zeppelin et les Beatles. C'était le rêve d'une vie. Il n'a pas pu travailler avec les Beatles et Led Zeppelin, mais il a eu Black Sabbath. Il était déjà «fan» lorsqu'il est arrivé au studio, il avait fait ses devoirs et il savait ce qu'il voulait faire sortir de nous. Il nous a joué le premier album (Black Sabbath, 1970) et je lui ai dit : «Pourquoi tu joues ça?» Nous avions tous fait d'innombrables albums depuis. Mais j'ai vite vu où il voulait en venir: au blues. Nous avons commencé en tant que groupe de blues-jazz et nous avons évolué vers quelque chose de plus «lourd». Alors, il nous a dit : "Oubliez le heavy métal, oubliez la musique heavy. Votre premier album était "bluesy".»

13 est le premier album à présenter Ozzy Osbourne en 35 ans, depuis Never Say Die!, qui a été enregistré à Toronto sous l'influence des drogues. «Nous avons tous fondé des familles, fait des enfants, nous avons grandis et assaini notre style de vie», a dit Butler.

Ozzy Osbourne l'a alors coupé : «PLUS sain, mais pas encore totalement propre.»

Butler a enchaîné : «Je suis totalement «propre». Lui (il désigne Osbourne) peut-être pas, mais moi je prends une douche chaque jour».

En fin de compte, la dynamique de groupe était «meilleure qu'elle ne l'a jamais été», a dit Osbourne, certainement plus saine qu'en 1978.

«À la fin de la journée, nous étions saccagés par les drogues et l'alcool, et nous étions dans une bataille juridique avec notre direction, a-t-il continué. Maintenant, nous avons chacun nos propres gestionnaires. (...) Donc, nous sommes tous heureux dans ce que nous faisons. Quel est l'intérêt de travailler si c'est pour tout donner à une bande de..., qui facturent des sommes astronomiques?»

Étant donné le succès de 13, envisagent-ils de faire un autre opus? «Il a fallu 35 ans pour faire cet album, et je pense que nous ne serons plus là dans 35 ans», a dit Osbourne.

«Ça ne prendrait pas 35 ans, mais si c'est le dernier, alors très bien, nous finissons sur une bonne note», a indiqué Geezer Butler.