24 HEURES - Le vendredi 29 août 2014

Campagne promotionnelle

Les «menaces» d'Anik Jean prises au sérieux

09/01/2013 12h50 

Anik Jean
Photo Jean Langevin / Agence QMI

Le retour d’Anik Jean avec son nouvel album Schizophrène, dont la sortie est prévue le 26 février, ne passera pas inaperçu et la Sûreté du Québec aurait même été contactée en lien avec la campagne servant à mousser ce quatrième opus.

Pour faire la promotion du matériel de la chanteuse, son équipe a concocté une offensive marketing pour le moins singulière en expédiant à des journalistes, en novembre et en décembre, deux messages anonymes au caractère menaçant. Le premier disait simplement Minable et le second Je n’arrêterai pas. Chaque lettre avait été découpée dans un journal et collée sur une feuille.

Des salles de rédaction, notamment celle de l’Agence QMI, à Montréal, ont avisé leur service juridique. Au moins un quotidien, Le Devoir, par l’entremise de son chroniqueur culturel Sylvain Cormier, aurait contacté la Sûreté du Québec, prenant ces menaces au sérieux.

On sait maintenant que Minable et Je n’arrêterai pas sont les deux premiers extraits du nouvel opus de la femme de Patrick Huard.

Anik Jean, dans un communiqué qui devait être diffusé le 15 janvier, explique pourquoi elle a eu recours à une telle campagne de promotion en disant qu’il s’agissait «d’un moyen d’illustrer ce que peuvent ressentir les personnes victimes d’intimidation, un phénomène duquel personne n’est à l’abri, peu importe l’âge, le milieu ou le rang social».

Elle poursuit plus loin, au sujet du premier simple, Minable: «L’opération des lettres anonymes a réussi, puisque les journalistes ont propagé les effets qu’avait sur eux l’intimidation dans les réseaux sociaux, a écrit Anik Jean. L’intimidation est partout autour de nous et est souvent à l’origine de tragédies humaines. Cette chanson est une réponse à tous ces "bullies" [NDLR : harceleurs] à qui l’on donne trop de pouvoir par nos silences».

«Fini» et demande d’excuses «senties»

L’«affaire Anik Jean» a eu des échos jusque sur Facebook et Twitter. Le journaliste pigiste Serge Drouin, un ancien du Journal de Québec, a écrit: «Le but est atteint, ça fait jaser».

Quant à son collègue Sylvain Cormier du Devoir, il a partagé ceci sur sa page Facebook: «Je rappelle mon engagement (pris en cette page Facebook) envers l'artiste responsable de cette campagne de promo irresponsable et, pour plusieurs, passablement angoissante: pas de critique du disque, pas d'entrevue, pas de critique du spectacle, rien. Plus jamais rien. Fini.»

Il a poursuivi: «Nous faire "ressentir" ce qu'est l'intimidation? À l'intimidation, fût-ce une simulation d'intimidation, je réagis: je dis non. Je n'écouterai pas ce disque. N'irai pas au spectacle correspondant. Oui, ça devient une "affaire", oui on en parle, mais parce qu'on a tous besoin de ventiler. Ce n'est pas de la promo "efficace", ça nous monte contre l'artiste, et non sans raison. Je le répète: à moins d'excuses senties et justifiées, notre seule réponse possible est d'ignorer ce qu'on a voulu ainsi promouvoir.»

L’album Schizophrène doit être lancé à Montréal le 26 février lors d’un concert au Club Soda dans le cadre de Montréal en lumière. L’artiste en fera autant, le 7 mars, à l’Impérial de Québec.