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Les frênes touchés par l'agrile sont recyclés

18/12/2014 01h41 

Alfonso Parisi, ébéniste pour l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.
Photo Christopher Nardi / Agence QMI

MONTRÉAL - Les ébénistes de l'arrondissement de Côte-des-Neiges - Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG), à Montréal, sont les premiers à recycler les arbres abattus à cause de l'agrile du frêne. Ils se servent maintenant d'une partie de ce bois pour faire du mobilier urbain.

Depuis l'an dernier, les services de CDN-NDG ont déjà découpé plus de 230 frênes qui ont été infestés par l'agrile du frêne, ce petit insecte qui ravage la couche de l'arbre située entre l'écorce et le bois du tronc.

Il y a quelques semaines, l'arrondissement a annoncé qu'ils en découperaient 430 additionnels au cours des prochains mois.

Toutefois, plutôt que de se résigner à payer des frais de décontamination et d'élimination de chaque arbre découpé, les employés de l'arrondissement ont cherché une nouvelle utilisation pour le bois, généralement intouché par l'insecte.

«Nous sommes chanceux d'avoir du bon équipement d'ébéniste dans nos ateliers, donc on s'est dit qu'on pourrait découper les arbres en planches et faire du mobilier urbain», a expliqué Gregg Staniforth, inspecteur en horticulture pour l'arrondissement de CDN-NDG.

Présentement, les employés prévoient faire des bancs en bois, des tables de pique-nique et même des patios et terrasses qui pourront remplacer d'autres installations publiques vieillissantes dès l'été prochain.

Bois de qualité

Étant donné que l'agrile du frêne s'attaque principalement à la couche intérieure de l'écorce, le bois des arbres infectés demeure généralement de bonne qualité s'il est traité rapidement.

Ainsi, les menuisiers et ébénistes de la Ville ont peu de difficultés à le convertir en mobilier lorsqu'il est décontaminé.

«Il y a certaines normes qu'on doit respecter lorsqu'on construit quelque chose avec ce bois, mais si c'est bien fait, ça peut produire quelque chose de très résistant et très beau», a expliqué Alfonso Parisi, ébéniste pour l'arrondissement.

«Je suis capable de faire toutes sortes de meubles avec les planches, tant qu'on a l'équipement. Mais c'est la première fois qu'on nous demande de faire un projet comme ça», a continué M. Parisi.

Économies

Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce est également un des premiers arrondissements sur l'île à avoir réussi à vendre les arbres infectés à une entreprise de traitement de bois. L'arrondissement vendra donc une bonne partie des arbres découpés à la compagnie québécoise Goodfellow.

Selon M. Staniforth, cela permettra non seulement à l'administration de faire un peu d'argent sur la vente, mais elle économisera beaucoup en éliminant les coûts de décontamination, puisque celle-ci sera faite par l'acheteur.

«L'argent que nous recevrons sera réinvesti dans des traitements contre l'agrile du frêne pour prévenir que davantage de nos arbres sont infectés par l'insecte», a révélé le spécialiste en horticulture.

Chaque arbre pouvant produire une douzaine de planches, la direction croit même pouvoir réduire de façon non négligeable l'achat de bois, sans toutefois pouvoir chiffrer ses attentes.

 
 

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