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La Ville dépose un grief contre les policiers

25/09/2014 08h25 - Mise à jour 25/09/2014 15h13

Photo Archives / Agence QMI

La Ville de Montréal a envoyé mercredi un grief patronal à la Fraternité des policiers afin de recouvrer les sommes perdues cet été en raison, prétend-elle, des moyens de pression exercés par les policiers.

Ceux-ci auraient émis beaucoup moins de constats d'infraction qu'à l'habitude, selon la Ville.

Plusieurs chiffres circulent depuis quelques semaines au sujet du manque à gagner que représente la baisse de contraventions émises aux Montréalais.

Un montant de 3 millions $ est notamment avancé.

De son côté, le maire Denis Coderre parlait récemment d'une diminution radicale de 50 % pour juillet seulement.

Le dépôt de ce grief survient alors que la Ville de Montréal s'était entendue avec ses policiers, vendredi dernier, à propos du litige devant la Commission des relations du travail.

Avec cette entente, les policiers sont tenus de donner des constats d'infraction à la même fréquence que par le passé.

Le président de la Fraternité des policiers, Yves Francoeur, est furieux de la démarche de la Ville.

«C'est clair qu'il s'agit d'une déclaration de guerre de la part de la Ville. On trouve que (ce chiffre de 3 millions $) est absolument farfelu», a-t-il affirmé sur les ondes de LCN. M. Francoeur a d'ailleurs souligné que le bilan routier de Montréal s'était amélioré durant la période où moins de constats d'infraction ont été donnés.

«La Fraternité prépare sa riposte, c'est certain qu'on ne se laissera pas faire», a-t-il poursuivi. «Ça démontre que la priorité de la Ville n'est pas la sécurité des citoyens, mais les contraventions sont vues seulement en termes de revenus», a précisé M. Francoeur, qui déplore «le climat de travail pourri» dans lequel ses membres doivent travailler.

De son côté, le maire de Montréal, Denis Coderre, a réfuté l'idée qu'il cherche à renflouer les coffres de la Ville en envoyant un grief à la Fraternité des policiers.

«Ce n'est pas une question d'argent. C'est une question de relations de travail», a-t-il soutenu.

Le maire n'a toutefois pas spécifié combien d'argent a été perdu à cause de la réduction des constats d'infraction émis, ni combien la Ville compte récupérer avec ce grief.

Le grief patronal sera entendu par le tribunal d'arbitrage si la Ville ne parvient pas à récupérer ces sommes.

En 2013, la Ville a perçu presque 106 millions $ en amendes de stationnement et de circulation.

 
 

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