24 HEURES - Le samedi 10 décembre 2016

Trump au plus haut dans les sondages avant le cinquième débat

15/12/2015 10h47 

Le cinquième débat républicain a lieu à Las Vegas ce soir.
Photo Robyn Beck / AFP

WASHINGTON - Jamais le milliardaire américain Donald Trump n'était arrivé à un débat avec autant d'avance dans les sondages: mardi, il a rendez-vous à Las Vegas pour le cinquième débat des primaires républicaines, conforté par l'électorat conservateur après ses déclarations anti-musulmans.

Les neuf candidats républicains les mieux placés pour l'investiture de 2016 débattront à partir de 17H30 locales à l'hôtel The Venetian à Las Vegas, dans l'Ouest américain. Le débat sera diffusé sur CNN. Quatre candidats marginaux débattront deux heures et demie plus tôt au même endroit.

Donald Trump sera au centre de la scène, en tant que leader incontesté de la course des primaires, une pole position renforcée de façon spectaculaire depuis sa proposition de fermer les frontières temporairement aux musulmans, la semaine dernière.

Les appareils politiques et une majorité d'Américains sont en désaccord, mais l'idée a été applaudie par une majorité d'électeurs républicains, 59 % selon un sondage Washington Post/ABC.

Résultat, Donald Trump recueille 38 % des intentions de vote des républicains, selon cette enquête d'opinion parue mardi, et 41 % selon l'institut de l'université Monmouth lundi.

Jamais l'homme d'affaires n'avait eu autant d'avance, alors même qu'il est en tête depuis le mois de juillet.

Il est suivi par un autre candidat anti-système: le sénateur du Texas Ted Cruz, adulé des conservateurs et du Tea Party depuis son élection au Sénat en 2012.

Avec 16 % des intentions de vote en moyenne, Ted Cruz est encore loin du milliardaire dans les enquêtes d'opinion nationales, mais il lui fait de l'ombre dans le bastion des chrétiens conservateurs évangéliques qu'est l'Iowa, l'État qui lancera le cycle des primaires le 1er février, et où il le dépasse dans trois sondages publiés depuis une semaine.

Ces sondages, dans un petit État rural non représentatif du reste du pays, ne sont guère prédictifs du futur vainqueur des primaires, mais ils éclairent la stratégie des candidats et ont peut-être poussé Donald Trump à traiter son nouveau rival d'«un peu allumé».

Le Texan sera placé à la gauche immédiate du milliardaire mardi.

«Le dénominateur commun est que leurs électeurs sont furieux», dit Seth McKee, professeur de science politique à l'université Texas Tech. «Cruz s'oppose à son propre parti. Il est ferme sur les principes, il plaît à ces électeurs en colère qui reprochent aux républicains d'avoir été élus et ne pas avoir fait ce qu'ils avaient promis».

Anti-système

Les dirigeants républicains n'aiment pas Ted Cruz qui n'a cessé de fomenter des rébellions au Congrès, notamment sur le budget, accusant les chefs de son parti de compromissions avec la minorité parlementaire démocrate et le président Barack Obama. Comme Donald Trump, Ted Cruz se présente comme un dynamiteur des élites politiques.

Après les échecs de Jeb Bush, Ben Carson ou Carly Fiorina, la droite anti-Trump espère que Ted Cruz sera le premier homme capable de faire vaciller Donald Trump, dont le populisme anti-immigrés et anti-musulmans fait mouche auprès d'une frange croissante de l'électorat conservateur.

Ted Cruz a autrefois plaidé des causes conservatrices devant la Cour suprême et garde le verbe lent, précis et tranchant des avocats, au prix d'un manque de spontanéité lors des débats, où la prime est à la petite phrase ou au trait d'esprit improvisé lors des échanges entre candidats.

«Il est très intelligent, il a une stratégie qu'il suit avec assiduité. Il est très discipliné», analyse Bruce Buchanan, professeur à l'Université du Texas à Austin. «Ça l'a aidé jusqu'à présent de rester positif».

Son manque d'expérience politique --il n'aura passé que quatre ans au Sénat au moment de la présidentielle, comme Barack Obama en 2008-- n'est pas un frein pour ses partisans.

«Ils placent l'idéologie avant le pragmatisme», dit le professeur Buchanan. «C'est ce qui marche en ce moment».

Face à ces deux candidats anti-systèmes, les républicains modérés se cherchent toujours un sauveur capable de battre Hillary Clinton, la favorite des démocrates, en novembre dans les urnes.

Marco Rubio, sénateur de Floride d'origine cubaine, a reçu récemment le soutien de nombreux grands donateurs influents du parti, signe que sa cote monte au sein de l'establishment, bien que comme Ted Cruz, il ait été élu au Sénat sur la vague du Tea Party.

 
 

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