24 HEURES - Le lundi 28 juillet 2014

Venezuela

L'opposition accepte le report de l'investiture de Chavez

09/01/2013 09h11 - Mise à jour 09/01/2013 18h11

Le Tribunal suprême de justice (TSJ) vénézuélien a tranché mercredi en faveur du gouvernement dans son bras de fer avec l'opposition en décrétant que Hugo Chavez.
Photo Raul Arboleda / AFP

CARACAS - Le leader de l'opposition vénézuélienne Henrique Capriles a pris acte mercredi de la décision du Tribunal suprême de justice (TSJ) d'autoriser le président Hugo Chavez, hospitalisé depuis un mois à Cuba, à différer sa prestation de serment prévue par la Constitution le 10 janvier.

«Il y a eu une décision, il y a eu une interprétation du TSJ (...) maintenant c'est à vous M. Maduro que revient la responsabilité d'assumer votre charge et de gouverner», a déclaré devant la presse M. Capriles en s'adressant au vice-président Nicolas Maduro, à qui Hugo Chavez a confié une partie de ses pouvoirs avant de quitter le pays le 10 décembre dernier.

Les sept juges de la chambre constitutionnelle du TSJ ont décidé qu'en vertu «du principe de la continuité administrative», le gouvernement et le vice-président Nicolas Maduro - à qui le président a délégué une partie de ses pouvoirs - resteraient en fonctions jusqu'à ce que Hugo Chavez soit en mesure d'être investi, a annoncé devant la presse la présidente du TSJ Luisa Estella Morales.

La juridiction suprême, souvent décriée pour ses décisions fréquemment favorables au gouvernement, a décrété que l'investiture de M. Chavez, réélu en octobre, «pourra intervenir à une date postérieure au 10 janvier, devant le TSJ», et ce «en dépit du fait que débute le 10 janvier une nouvelle période constitutionnelle».

La présidente du TSJ a également indiqué que le Tribunal avait écarté l'envoi d'une commission médicale à Cuba, demandé par l'opposition alors que le président demeure invisible depuis sa quatrième opération d'un cancer le 11 décembre à La Havane.

Mardi soir, le gouvernement vénézuélien avait mis fin au suspense qui planait sur l'investiture du président à Caracas jeudi 10 janvier en indiquant que, sur la recommandation de ses médecins, il devait poursuivre son traitement à Cuba.

Dans une lettre lue par le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello, le vice-président Nicolas Maduro avait anticipé la décision du TSJ en affirmant que «la prestation de serment aura lieu à une date ultérieure devant le TSJ».

L'Assemblée, dominée par le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) de Hugo Chavez, avait ensuite voté une brève résolution accordant au président «tout le temps dont il aura besoin pour se soigner».

La Constitution prévoit que le chef de l'État élu prête serment le 10 janvier devant l'Assemblée nationale au cours d'une cérémonie qui doit se dérouler au Venezuela et ne peut être reportée. Mais la loi fondamentale dispose aussi que s'il ne peut prêter serment devant les députés, le président peut le faire devant le TSJ. Et, dans ce cas, aucune date n'est mentionnée.

L'opposition rejette l'interprétation de la Constitution faite par le gouvernement, désormais validée par le TSJ. Elle considère que le gouvernement s'engage dans une forme de coup d'État institutionnel.

Mardi, la principale coalition de l'opposition, la Table de l'unité démocratique (MUD), a alerté dans une lettre l'Organisation des États américains (OEA) d'un risque de «violation de l'ordre constitutionnel».

De son côté, le chef de file de l'opposition Henrique Capriles a affirmé que «le 10 janvier marque la fin d'un mandat présidentiel et le début d'un autre». «Si le président ne prête pas serment, il cesse d'être président», a-t-il lancé.

Le président vénézuélien est apparu pour la dernière fois dans les médias officiels lors de son départ vers Cuba le 10 décembre pour y être une nouvelle fois opéré d'un cancer dans la zone pelvienne diagnostiqué en juin 2011. La nature et la localisation exactes de ce cancer sont tenues secrètes par les autorités.

Le gouvernement a annoncé lundi qu'il se trouvait dans un état «stable» et qu'il «assimile son traitement» après avoir été victime d'une grave infection pulmonaire, sans donner plus de précisions.

En dépit de l'absence confirmée de Hugo Chavez jeudi, le président de l'Assemblée a appelé à une manifestation massive le même jour devant le palais présidentiel à Caracas, et les chefs d'État bolivien Evo Morales - très proche de Hugo Chavez - et uruguayen Jose Mujica ont déjà confirmé leur venue en marge de cette mobilisation. La présidente argentine Cristina Kirchner doit quand à elle se rendre jeudi à La Havane et a dépêché son ministre des Affaires étrangères au Venezuela.

Mercredi, Jose Mujica a estimé sur l'antenne de la télévision publique uruguayenne que les Vénézuéliens «devaient trouver une issue institutionnelle» pour éviter une crise politique dans ce pays.