24 HEURES - Le mercredi 22 octobre 2014

Syrie

90% des victimes tuées en 2012

31/12/2012 08h16 

Le nombre de soldats tués en 2012 s'élève à 9 482 et celui des déserteurs à 1 040.
Photo Ahmed Jadallah / REUTERS
BEYROUTH - Durant la seule année 2012, près de 40 000 personnes ont été tuées en Syrie, soit quelque 90% des 45 000 victimes d'une révolte contre le régime qui a débuté en mars 2011 et s'est transformée en guerre civile, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au total, 39 362 personnes ont péri en Syrie en 2012, dont au moins 28 113 civils, a précisé l'ONG qui considère aussi comme des civils ceux ayant pris les armes contre les troupes du régime.

Le nombre de soldats tués en 2012 s'élève à 9 482 et celui des déserteurs à 1 040, a précisé cette ONG, basée en Grande-Bretagne et qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires à travers le pays.

«Il faut ajouter 727 autres personnes tuées dont l'identité n'a pu être établie», selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

«Durant l'année 2012, l'armée a utilisé toutes sortes d'armes lourdes et mobilisé son aviation», souligne-t-il, «ce qui peut expliquer la brusque hausse des pertes humaines», qui se chiffre actuellement autour du millier de morts par semaine.

Le régime a commencé à utiliser ses redoutables chasseurs-bombardiers en juillet 2012, tandis que les rebelles ont saisi des armes de plus en plus lourdes au fil de leurs avancées sur le terrain, en prenant notamment des stock d'armes à l'armée régulière.

Mais ces bilans ne comprennent pas les milliers de personnes disparues en détention ni la plupart des morts parmi les «chabbihas» (miliciens pro-régime), ajoute M. Abdel Rahmane.

«En outre, ni les rebelles ni l'armée ne révèlent le nombre exact de personnes tuées dans leurs rangs pour ne pas porter un coup au moral des troupes», explique-t-il.

Par ailleurs, l'OSDH ne compte pas les combattants étrangers dont la mort est annoncée dans leur pays. En totalisant toutes ces catégories, le nombre de morts pourrait dépasser les 100 000, selon M. Abdel Rahmane.

La brutale répression par le régime du mouvement de contestation populaire a déclenché une guerre civile. Les combats entre rebelles et soldats, et les bombardements aériens et à l'artillerie font des dizaines de morts tous les jours.

 
 

Incontournables