24 HEURES - Le samedi 10 décembre 2016

Allocations de subsistance: Harper a obligé Duffy à rembourser

15/12/2015 15h02 

OTTAWA - Le sénateur Mike Duffy ne voulait pas rembourser ses allocations de subsistance parce qu'il voulait éviter de faire quoi que ce soit qui pourrait le faire paraître malhonnête, mais il y a été obligé par le premier ministre Stephen Harper.

M. Duffy a qualifié mardi de «méprisable» l'attitude de Stephen Harper et de ses adjoints à son endroit, au sixième jour de sa comparution à son procès pour fraude, a rapporté le Ottawa Citizen.

Le sénateur fait face à 31 chefs d'accusation de fraude, d'abus de confiance et de corruption, en lien avec des indemnités de dépenses qui ont été réclamées depuis sa nomination en 2009 par Stephen Harper.

«Je ne suis pas un voleur. Je n'ai pas enfreint les règles. Je ne voulais pas accepter ce genre de processus et je les exhortais à faire preuve d'une certaine décence. Tous ces chrétiens convertis de nouveau m'ont jeté aux lions», a dénoncé en cour le sénateur.

Il a assuré avoir plaidé sa cause auprès de M. Wright, de Stephen Harper et de son secrétaire principal, Ray Novak, après une réunion du caucus conservateur, mais sans succès.

Injuste

«Cela va salir ma réputation et (Harper a dit) : «Non, non, non, non. Je sais que c'est injuste, Duff. Je sais que cela semble injuste. Je sais que vous n'avez pas enfreint les règles. Mais les règles sont inexplicables à notre base, et donc vous allez avoir à rembourser l'argent. Nigel prendra les dispositions», a rapporté en cour M. Duffy.

Mike Duffy a des problèmes avec la justice, notamment parce qu'il a accepté un chèque personnel de 90 000 $ de l'ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, pour lui permettre de rembourser ses allocations de subsistance injustement réclamées au Sénat.

M. Duffy a déclaré la semaine dernière lors de son témoignage que c'était le sénateur David Tkachuk qui lui avait conseillé de réclamer des allocations de subsistance, pour fermer le bec de ses opposants et démontrer que sa résidence permanente était bel et bien à l'Île-du-Prince-Édouard à titre de représentant de cette province à la Chambre haute et non à Ottawa, où il résidait pourtant depuis des décennies.

Selon les règles du Sénat, il est possible de réclamer des allocations de subsistance à Ottawa lorsque sa résidence principale est située à plus de 100 km de la capitale nationale.

 
 

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