24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Graffitis haineux à l'Université de Montréal

24/03/2015 15h29 

Le graffiti haineux se situe dans des cabines de toilettes à l'UdeM.
Photo Anne-Marie Provost / 24 Heures

Alors que s'est entamée une grève générale pour quelques dizaines de milliers d'étudiants au Québec, la porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) est la cible de graffitis haineux dans des cabines de toilettes à l'Université de Montréal (UdeM).

«J'espère que la petite pute de riche en chef de l'ASSÉ va se faire violer et que ça va lui faire mal... Cette vache !», peut-on lire dans deux cabines de toilettes pour hommes situées dans la Faculté d'aménagement de l'UdeM.

«La police a été contactée pour ouvrir une enquête à ce sujet, car il s'agit d'un acte criminel», indique Mathieu Filion, porte-parole de l'Université de Montréal.

«C'est une situation qui est prise très au sérieux, nous ne prenons pas à légère un tel geste», ajoute-t-il.

Des mesures disciplinaires peuvent être imposées contre les contrevenants, allant jusqu'à l'expulsion définitive.

Propos inacceptables

La porte-parole de l'ASSÉ, Camille Godbout qualifie ces propos de choquants et d'inacceptables.

«C'est une preuve que la culture du viol est encore présente dans la société. Si j'étais un porte-parole homme, il n'y aurait pas d'appel à la violence sexuelle comme ça», affirme-t-elle.

«Ça n'arrêtera pas le fait que je vais continuer à porter les positions de l'ASSÉ sur la place publique», ajoute-t-elle.

La FAÉCUM condamne de son côté sans réserve, tous les actes d'intimidation et de violence.

Harcèlement criminel

L'avocate criminaliste Véronique Robert qualifie sans aucune hésitation le graffiti de harcèlement criminel.

«C'est violent comme message, une personne peut se sentir raisonnablement harcelée par des propos comme ça», indique-t-elle.

«C'est à la limite de la menace, mais pour que ce soit une menace d'un point de vue criminel, il faut démontrer qu'il y a une intention, alors qu'ici la personne espère sans dire qu'elle fera l'acte», ajoute-t-elle.

Une infraction de harcèlement criminel est passible de sanctions allant jusqu'à un emprisonnement maximal de 10 ans.

 
 

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