24 HEURES - Le samedi 23 février 2019

Tours de refroidissement: Québec agit

25/05/2014 21h15 

Le Ministre Sam Hamad en conférence de presse sur la nouvelle règlementation en sécurité pour les tours de refroidissement à l'eau.
Photo Didier Debusschère / Agence QMI

QUÉBEC - Les tours de refroidissement à l'origine des vastes infections de légionellose seront examinées tous les mois, alors que les propriétaires seront obligés de prélever des échantillons d'eau et rendre des comptes.

Tous les 30 jours, les propriétaires ayant des installations de tours de refroidissement partout au Québec devront prélever des échantillons d'eau afin de les faire analyser dans un laboratoire agréé par le ministère de l'Environnement. Moyennant une somme d'environ 250 $ par analyse, les experts détermineront la concentration de Legionella pneumophila présente dans l'échantillon. Le propriétaire pourra ensuite réaliser des mesures correctives si nécessaire.

Si la quantité de Legionella est jugée dangereuse pour la santé publique, «un traitement-choc», au chlore, devra être réalisé, en plus d'éviter la vaporisation.

En créant ce nouveau programme d'entretien, le gouvernement du Québec réagit ainsi au rapport du Coroner qui a précédé la crise mortelle de la Légionellose à 2012 dans la région de Québec.

«Les propriétaires doivent être plus responsables», a laissé tomber le ministre du Travail, Sam Hamad. «Je souhaite des mesures immédiatement afin d'éviter des cas cet été.»

Infractions coûteuses

De plus, les inspecteurs de la Régie du bâtiment visiteront régulièrement les installations afin de procéder à des vitrifications et les propriétaires devront aussi soumettre tous les résultats d'analyse.

Ceux qui ne respecteront pas le nouveau règlement et qui seront en situation d'infraction seront sanctionnés. «La loi sur la Régie du bâtiment prévoit des amendes. Il y aura des inspections à nouveau cette année. Et cette année, nous savons où sont les installations», a signalé Stéphane Labrie, le président-directeur général de la Régie.

Pour une première infraction, l'amende peut se situer entre 3000 $ et 15 000 $. Elle peut être jusqu'à dix fois plus élevée en cas de récidive.

Bonne chose

De son côté, le directeur de la santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens, soutient qu'il était primordial qu'un tel programme voie le jour. «Ça vient répondre complètement aux attentes que nous avions afin d'empêcher qu'un évènement analogue se reproduise», a-t-il dit, admettant qu'il y avait un manque flagrant d'encadrement.

La Société québécoise des infrastructures du Québec qui possède 40 installations de tours de refroidissement au Québec adhère au programme depuis déjà un an. L'ingénieur en exploitation à la SQIQ, Isabelle Verret, qui supervise le suivi convient de l'importance du programme. «Pour notre expérience, on aime toujours mieux savoir que contaminer des gens», a-t-elle affirmé.

 
 

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