24 HEURES - Le samedi 19 août 2017

Politique nationale de lutte à l'itinérance

Le mutisme du gouvernement sème le doute

07/05/2014 08h07 

Encore cet hiver, les refuges pour itinérants ont dû offrir plus de nuitées, selon Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes.
Photo Agence QMI
Alors que le Parti libéral du Québec (PLQ) demeure muet sur ses intentions dans la lutte à l'itinérance, le sort réservé à la Politique nationale de lutte à l'itinérance inquiète des intervenants du milieu.

Quelques jours avant la dernière campagne électorale, le Parti québécois (PQ) avait présenté la première politique nationale de lutte à l'itinérance.

L'ancien gouvernement avait par le fait même annoncé 270 M$ pour des logements sociaux, 6 M$ pour le développement de services de proximité, 1 M$ pour le soutien aux autochtones itinérants et 600 000 $ pour le soutien aux femmes en situation d'itinérance.

La nouvelle ministre déléguée à la santé publique et responsable du dossier de l'itinérance, Lucie Charlebois, n'était pas en mesure d'accorder une entrevue à ce sujet.

«On doit prendre connaissance du dossier», s'est contentée d'affirmer l'attachée de presse de Mme Charlebois.

Maintien du financement ?

Le Parti libéral du Québec (PLQ) n'a jamais parlé d'itinérance durant la dernière campagne électorale, dénonce Jean-François Lisée, porte-parole du PQ en matière de Services sociaux.

«C'est inquiétant et le gouvernement enverrait un très mauvais signal s'il devait amputer ces sommes-là», a mentionné M. Lisée.

«Une politique, quelle qu'elle soit, ne nous amène pas très loin s'il n'y pas de plan concret et d'argent lié à ce plan», a pour sa part affirmé Manon Massé, députée de Sainte-Maire–Saint-Jacques pour Québec Solidaire.

«Le contexte budgétaire nous inquiète aussi. Le gouvernement veut revoir les programmes sociaux, mais c'est plutôt le temps d'investir», a ajouté Pierre Gaudreau, coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes.

Manque de ressources

Le psychiatre du CHUM, le Dr Olivier Farmer, affirme pour sa part qu'en avril, l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal a décidé que les itinérants conduits à l'urgence soient maintenant dirigées vers quatre hôpitaux en alternance plutôt que huit.

«Il s'agit d'une coupe indirecte de 50 % des ressources de prise en charge. Est-ce que le gouvernement va avoir un plan d'action avec des moyens et des ressources? Sinon, cette politique ne donnera rien du tout», explique-t-il.

 
 

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