24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Neuf corps laissés en plan dans un salon funéraire

05/05/2014 14h38 

Mme François Martin, décédée le 31 mars 2014, photographiée avec son mari.
Capture d'écran / TVA Nouvelles / Agence QMI
MONTRÉAL - Neuf familles vivent un deuil particulièrement douloureux dans la région de Montréal. Le directeur funéraire à qui elles avaient confié la dépouille de leurs proches est disparu, sans laisser de nouvelles.

La famille et les amis de Françoise Martin n'en reviennent toujours pas. Le directeur de funérailles, Patrick Fortin, a exigé 1500 $ pour prendre en charge le corps de Mme Martin, décédée le 31 mars dernier.

D'après l'entente convenue, il devait l'incinérer cinq jours plus tard. Pourtant, la famille est restée sans nouvelles pendant 22 jours.

«C'est incroyable comment on peut se sentir en dedans, a confié Hélène Coulombe, une amie de Françoise Martel. Et on ne peut pas s'imaginer qu'une personne peut être aussi méchante pour faire ça!»

L'Office de la protection du consommateur a demandé au ministère de la Santé de révoquer le permis de directeur de funérailles de Patrick Fortin.

Son permis a été révoqué le 10 avril dernier, mais il a fallu attendre sept jours après cette révocation avant que des fonctionnaires ne se rendent au salon funéraire, situé à l'Épiphanie.

Ils ont trouvé neuf corps dans la morgue.

Ce délai de sept jours avant l'intervention est dénoncé par la corporation des thanatologues du Québec.

«Écoutez, au Québec, on est tous émus de voir des veaux maltraités. Le MAPAQ est intervenu, la SPCA, la SQ a débarqué. Là, on a des personnes qui sont mortes et pendant sept jours, personne ne s'en préoccupe. C'est intolérable!», a commenté Nathalie Samson, directrice générale de la corporation des thanatologues du Québec.

La maison Magnus Poirier a finalement repris les neuf corps et a exaucé les dernières volontés des défunts.

L'OPC tente de retracer les autres clients du salon qui auraient pris des arrangements préfunéraires et en a contacté une soixantaine jusqu'à maintenant.

Patrick Fortin n'en est pas à ses premières frasques. Il a été condamné depuis 2006 à 280 000 $ d'amendes parce qu'il avait omis de verser dans un compte en fidéicommis l'argent que lui avait remis ses clients pour des arrangements préfunéraires.

Néanmoins, puisqu'il est thanatologue, il peut toujours travailler pour sa femme, qui a un permis et qui a aussi été condamnée pour les mêmes infractions à la loi.


 
 

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