24 HEURES - Le lundi 20 mai 2019

Santé mentale et itinérance

Le SPVM satisfait de son bilan

20/03/2014 18h45 

Photo Sébastien St-Jean / Agence QMI

Le travail du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été critiqué au cours des dernières années après des interventions ayant coûté la vie à des itinérants, dont celle d'Alain Magloire le 3 février 2014. Malgré tout, l'organisation a dressé jeudi un bilan positif de ses interventions.

Chaque jour, les policiers de Montréal reçoivent près de 140 appels pour des situations qui impliquent des personnes en état de crise. Ce chiffre représente quelque 3% du nombre total d'appels reçus par les policiers de Montréal.

Marc Parent, directeur du SPVM, se dit satisfait du travail accompli par ses agents depuis les dernières années, bien qu'il reconnaisse qu'il y a encore place à l'amélioration et à la sensibilisation du corps policier à la réalité de l'itinérance et de la santé mentale.

«Évidemment, ça représente un pourcentage important qui nous demande d'intervenir dans des environnements qui sont complexes et qui impliquent des personnes en difficulté. Notre but, c'est d'assurer la sécurité de ces personnes, de leur entourage ainsi que celle des citoyens», a indiqué M. Parent.

Trois équipes spécialisées

En 2009, un premier pas était franchi avec l'implantation de l'équipe mobile de référence et d'intervention en itinérance (EMRII).

Trois ans plus tard, l'équipe de soutien aux interventions psychosociales (ÉSUP) s'est aussi ajoutée. Lors de son déploiement en 2012, l'ÉSUP a effectué 803 interventions. L'an dernier, ce chiffre a grimpé à 1288.

«Actuellement, le service n'est offert que par la relève de soir et on voit qu'il y a de plus en plus de demandes. L'équipe gagne à se faire connaître et notre but est de voir de quelle façon ajuster les ressources afin d'offrir le service 24 heures sur 24», a confié M. Parent.

En augmentant le nombre de policiers spécialisés dans ses troupes, M. Parent est convaincu que cela pourra faire une différence pour éviter que d'autres interventions ne se terminent tragiquement.

Il a rappelé que l'an dernier, une troisième équipe a vu le jour, réponse en intervention de crise (RIC), qui a permis une aide policière dans une centaine de situations.

Du chemin parcouru

Le CSSS Jeanne-Mance est partenaire du SPVM dans les équipes mixtes. Pour Jason Champagne, porte-parole du CSSS, cette collaboration entre intervenants et policiers donne place à beaucoup plus de possibilités d'intervention.

Cette approche plus sociale permet d'aller vers des personnes vulnérables qui, autrement, n'auraient peut-être pas cherché de l'aide, dit-il.

«Il y a une quinzaine d'années, il aurait été impensable qu'un policier et un intervenant social puissent être dans le même véhicule pour aller faire des interventions, a illustré M. Champagne. Mais aujourd'hui, on a réussi à faire évoluer la culture.»

Devant les résultats du SPVM, le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) estime malgré tout qu'il y a encore trop de cas de sans-abris judiciarisés.

«Le travail de ces équipes est très intéressant et positif. Par contre, ce que l'on voit au jour le jour, c'est qu'il y a encore énormément de contraventions qui sont remises sur le terrain aux personnes en situation d'itinérance», déplore Marjolaine Despars, coordonnatrice adjointe du RAPSIM.

M. Parent assure toutefois que les policiers du centre-ville tentent de recourir le moins souvent aux contraventions lorsqu'ils interviennent avec des personnes vulnérables.


 
 

Incontournables