24 HEURES - Le mardi 18 décembre 2018

Opposé au régime islamique d'Iran

Militant politique menacé d'expulsion

29/10/2013 15h43 - Mise à jour 29/10/2013 16h45

Djaber Kabili pourrait faire face à l'expulsion.
Photo: Emmanuel Delacour/24h
Neuf ans après son arrivée au Canada, Djaber Kabili, un immigrant d'origine iranienne pourrait être expulsé du pays, car il représenterait une «menace à la sécurité publique» du pays.

M. Kabili passait devant la Commission de l'Immigration et du Statut du Réfugié, mardi, afin de déterminer s'il pourra demeurer au Canada.

L'inquiétude du gouvernement provient du fait que M. Kabili a été condamné, en 1986, à une peine de quatre ans de prison en France pour avoir tenté de renverser le gouvernement iranien et pour possession d'explosifs destinés à aider les révolutionnaires de son pays d'origine.

Toutefois, il serait injuste que cette histoire ait des conséquences sur son admissibilité au Canada, selon M. Kabili.

«La Cour de cassation française m'a sorti de prison, parce que j'ai été condamné pour des affaires qui se sont déroulées en Iran, et non en France, a affirmé M. Kabili quelques minutes avant son audiencedevant la Commission. La Cour de cassation m'a donné raison et j'ai obtenu la nationalité française. Tout cela démontre qu'il n'y a pas de danger.»

C'est donc un casier judiciaire français vierge que M. Kabili a présenté au gouvernement canadien lorsqu'il a fait sa demande de résidence permanente, il y a presque neuf ans.

Arrêté à son retour

De retour au Canada après un séjour en France en juilletdernier, l'intellectuel et militant notoire contre le régime islamiste de l'Iran, qui est aujourd'hui âgé de 77 ans, s'est vu confisquer son passeport français par des agents frontaliers à l'aéroport Montréal-Trudeau. On lui a annoncé qu'un avis d'expulsion était ordonné contre lui.

M. Kabili n'éprouve aucune honte à parler de son passé contestataire, où même du fait qu'il a tenté de renverser le gouvernement islamiste des Ayatollahs.

«Le 26 octobre dernier, l'Iran a fait exécuter 18 prisonniers politiques, sans procès, d'un seul coup! Avec un régime comme celui-là, qu'est-ce qu'on peut bien faire», a souligné M. Kabili.

Le professeur Rachad Antonius, doctorant de sociologie àl'Université du Québec à Montréal, était présent aux côtés de l'expatrié iranien, afin de dénoncer une décision «absurde du gouvernement canadien».

«Cela vient en contradiction avec les principes élémentaires du droit. Ça n'a pas de sens de revenir sur des faits qui se sont produits dans un autre pays, surtout quand la personne a été innocentée et qu'elle a reçu la nationalité dudit pays», a souligné le professeur Antonius.

Le ministère de la Sécurité publique a rétorqué que «les étrangers qui viennent étudier, travailler temporairement ou qui immigrent au Canada doivent répondre franchement à toutes les questions sur un formulaire et lors de l'entrevue avec l'agent au point d'entrée afin que soit établie leur admissibilité au Canada et notamment leur implication dans des actes criminels puisqu'une condamnation criminelle peut rendre une personne interdite de territoire au Canada.»

emmanuel.delacour@quebecormedia.com

 
 

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