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Différent, moi?

24/10/2013 10h48 

Martin Beauregard.
Courtoisie

Il y a des gens qui inspirent la force, des gens qui s'activent devant les défis, et qui, au passage, changent le monde. Voici l'histoire de Martin Beauregard.

Avec la confiance que sa voix dégage, il n'est pas surprenant de découvrir qu'il est cadre dans une banque, qu'il ne s'est jamais considéré comme une personne handicapée et qu'il n'a jamais manqué de travail. L'étonnement survient plutôt lorsque l'homme de 46 ans raconte s'être fracturé 150 os à vie, mesurer 0,91 mètre et se déplacer en fauteuil roulant.

Martin souffre d'ostéogenèse imparfaite. Si son squelette est vulnérable et que sa taille est petite, sa volonté, elle, est sans borne. «J'ai toujours été très fonctionnel. J'ai eu de bons parents, une bonne éducation, et une mère déterminée à ce que je sois élevé sans différence», exprime-t-il.

Constatant que leur fiston stagnait à l'école spécialisée, les Beauregard ont misé sur un parcours régulier. Durant un an, préjugés et portes closes leur ont livré combat. «Ils se sont fait traiter de fous! On craignait que je me blesse, entouré d'enfants normaux. Et on refusait d'adapter les lieux», se souvient-il. Le pari fut tout de même gagné.

Martin a souvent été un pionnier, notamment lors de son admission au cégep. «On a adapté l'entrée pour moi et ensuite, le premier enseignant en fauteuil roulant du collège a été embauché!», lance-t-il. Aussi, son premier emploi était un projet-pilote pour vérifier l'accessibilité aux fauteuils roulants à la Place Ville-Marie.

Aujourd'hui, cet homme énergique dirige douze gestionnaires et sa boîte à rêves déborde. Les ressources humaines l'attirent. «J'ai eu une vie rock & roll, relate-t-il, je peux peut-être aider les autres.» Aussi, il songe à écrire sa biographie et à animer des conférences. Et dans un tiroir, un synopsis de télésérie attend. «Je sais que ça marcherait!», pense-t-il. Mais pour l'heure, ses efforts sont ailleurs.

Janvier 2013, il a subi une opération majeure à la jambe. «On a failli m'amputer», se souvient-il. L'événement le chamboule. «Avant, je sautais de ma chaise, montais des escaliers avec mes bras et demandais qu'on monte ma chaise. Maintenant, j'ai perdu 50% de mon agilité.» Et comme le pronostic demeure incertain, Martin s'est mis en mode action. «Je cherche d'autres ressources quelque part… Je demanderais ensuite au gouvernement pour les frais médicaux», s'enthousiasme-t-il.

Aux personnes handicapées, il suggère : «Soyez aussi accommodant que les employeurs le sont avec vous. Et osez!»

 
 

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