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Une autre manifestation anti-charte à Montréal

20/10/2013 18h15 

La marche s'est terminée sans heurt vers 15 h, à la place Émilie-Gamelin. |
Photo Joel Lemay / Agence QMI
Près de 1000 personnes ont défilé dimanche dans les rues de Montréal pour faire entendre leur opposition au projet de charte des valeurs québécoises. Le mouvement de contestation ne semble pas s'affaiblir dans la métropole, depuis la présentation du texte par le ministre Bernard Drainville en septembre.

Vers 13h, au début de la manifestation organisée par la coalition «Ensemble contre la charte xénophobe», une femme a interpelé les manifestants rassemblés au coin de la rue Guy et du boulevard De Maisonneuve Ouest pour exprimer son soutien à la charte, estimant ce texte «très bien». Le ton est alors monté, mais le cortège a ensuite pris d'assaut la rue Sainte-Catherine, au rythme de slogans comme «on lâche rien» ou «si tu aimes ton foulard/ta kippa, tape des mains.»

Parmi les organisations venues manifester, six militantes des «Montreal raging grannies» (les mamies en colère à Montréal) étaient présentes. «Nous sommes très inquiètes concernant les abus des droits de l'homme, a souligné Nancy K. Brown, membre de ce groupe. Pour la charte, c'est un manque de respect et un manque de tolérance. On n'accepte pas que des femmes souvent immigrantes et qui gagnent leur vie perdent leur travail sous prétexte qu'elles ont quelque chose sur la tête».

Réactions

«Nous sommes ici pour défendre nos droits, a soutenu de son côté Myriam Badri, une jeune femme voilée venue manifester. On est nées ici et on se sent rejetées.»

«On a grandi avec l'idée qu'au Québec, on est libres de choisir notre religion et on se sent rejetées», a renchéri son amie Khadija Tariq, voilée elle aussi.

«Ils disent que l'on impose notre religion, mais on n'impose rien», a poursuivi Myriam Badri.

«Cela vient toucher les valeurs que nous avons, a expliqué pour sa part Fatima Dargouthy. Cela viole les droits de l'homme.»

«Je suis ici, car la charte m'affecte personnellement, a raconté Avi Grenadier en montrant une bannière écrite en yiddish sur laquelle était inscrite «Pas de justice, pas de paix». La religion doit être respectée», a-t-il ajouté.

La marche s'est terminée sans heurt vers 15 h, à la place Émilie-Gamelin.

 
 

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