24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Printemps 2012

Manif étudiantes: travaux communautaires pour un manifestant

14/08/2013 19h08 

Photo Courtoisie

MONTRÉAL - Un jeune homme particulièrement actif dans le mouvement étudiant du printemps 2012 a écopé de travaux communautaires pour un méfait commis lors d'une violente manifestation au Palais des congrès.

Hugo Lebleu-Tadros, 25 ans, n'y était pas allé avec le dos de la cuillère en avril 2012. Pendant que le premier ministre de l'époque, Jean Charest, livrait un discours sur le Plan Nord dans le bâtiment, il avait pris part à une manifestation à l'extérieur.

À l'aide d'une poubelle, il avait défoncé une porte d'entrée, ce qui lui avait valu une accusation de méfait de moins de 5000 $.

Le mois suivant, il avait bousculé un caméraman de Radio-Canada à l'entrée du palais de justice de Montréal, alors qu'il était venu apporter son soutien à des étudiants arrêtés.

Quelques jours plus tard, toujours au palais de justice, il n'avait pas hésité à saluer les médias d'un doigt d'honneur.

Casier judiciaire

Mais ses démêlés valent maintenant à l'individu un casier judiciaire, puisqu'il a plaidé coupable à deux accusations, mardi, au palais de justice de Montréal.

Lebleu-Tadros, qui s'était décrit dans une vidéo YouTube comme étant une personne «riche d'une vie atypique et d'une éducation alternative», a écopé de 100 heures de travaux communautaires et d'une probation d'un an pour le méfait au palais des congrès et pour possession d'une petite quantité de cocaïne trouvée sur lui lors d'une fouille en septembre dernier.

Il faisait aussi face à une accusation de voies de fait armées (avec la poubelle) sur un policier lors de la manifestation au Palais des congrès. L'accusation a toutefois été retirée. Me Rachelle Pitre, de la Couronne, a expliqué que la poubelle, selon la preuve, était tombée à plusieurs pieds du cordon policier.

Lebleu-Tadros a également accepté de signer un interdit de contact d'un an, communément appelé un «810», avec le caméraman bousculé. En contrepartie, l'accusation de voies de fait dans ce dossier est tombée.

«L'altercation [avec le caméraman] n'était pas claire», a expliqué en entrevue son avocate, Debora De Thomasis.

D'autres procès prévus

Si les dossiers de Lebleu-Tadros sont maintenant réglés, d'autres étudiants attendent toujours leur procès. C'est le cas des quatre individus accusés d'avoir lancé des fumigènes dans le métro de Montréal au plus fort du mouvement étudiant contre la hausse des frais de scolarité.

Yalda Machouf-Khadir, figure de proue du mouvement étudiant, attend de son côté ses enquêtes préliminaires dans plusieurs dossiers. La fille du député Amir Khadir est accusée entre autres d'avoir pris part en avril 2012 au saccage de locaux de l'Université de Montréal et du bureau de comté de l'ex-ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

Des procès sont également prévus en mars 2014 pour plusieurs manifestants accusés au criminel.

 
 

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