24 HEURES - Le mercredi 16 avril 2014

Les programmateurs de Fantasia

Les chasseurs de films

17/07/2013 09h13 - Mise à jour 17/07/2013 10h28

Simon Laperrière et Nicolas Archambault dévoilent les rouages du métier de programmateur.
Photo: Emmanuel Delacour/24h
« On ne naît pas programmateur, on le devient. »

Ils fouillent les festivals et les marchés du film pour visionner des centaines d'heures de courts et de longs métrages, du navet au chef-d'œuvre, pour faire découvrir à l'audience de Fantasia le meilleur de la cinématographie de genre.

Nicolas Archambault, codirecteur de la section asiatique, et Simon Laperrière, directeur de Caméra Lucida, étaient tous deux des rangs des festivaliers au début des années 2000. Passionnés, ils ont progressivement grimpé les échelons de l'équipe pour finalement diriger leurs propres sections.

Parcours

Suivre ce chemin est demandant. « Il faut comprendre le métier du programmateur qui n'est pas seulement un cinéphile professionnel. La connaissance du cinéma et de son histoire est essentielle, bien entendu, mais il faut aussi se tenir au courant de son actualité, explique M. Laperrière. Un bon exemple de cela a été l'hommage qu'a rendu Nicolas au nouveau cinéma philippin l'an dernier. »

Les comparses s'accordent pour dire qu'un programmateur ne choisit pas les films du festival seulement selon leurs goûts.

« Il faut cibler des œuvres qui vont plaire au public. Ça nous arrive chaque année de tomber face à des films qui nous apparaissent extraordinaires, qui vont paraître dans notre “top 10” de l'année, mais on sait pertinemment qu'il ne s'agit pas de matériel fait pour Fantasia. Il faut développer son oeil pour les autres », insiste M. Laperrière.

Choisir le bon film

Et quels sont les critères auxquels doivent se soumettre les œuvres pour être de la sélection? « C'est souvent une question de sentiment. Prenons le drame coréen “Bleak Night”. À la base, ce n'est pas un genre qui est fait pour Fantasia, mais ce film en particulier cadrait parfaitement avec le festival, et nous le savions en le visionnant », affirme M. Archambault.

Fantasia étant dédié aux films de genre, il s'agit à la base d'un élément essentiel de sélection, rappelle M. Laperrière. « Toutefois, la notion du film de genre est de plus en plus nébuleuse, c'est un critère qui complexifie parfois notre choix », confie-t-il.

Et au travers de ces centaines d'heures de visionnement auxquels ils se soumettent à longueur d'année, quels sont leurs coups de cœur pour cette édition? « J'ai adoré Across the River de Lorenzo Bianchini, un film d'horreur intimiste », dit M. Laperrière.

« De mon côté, j'opterais pour “Confession of Murder”, un film qui à première vue ressemble à tous les autres suspenses coréens, mais il est tellement “fun”! Ç'a été un coup de cœur de la section asiatique », souligne M. Archambault.

emmanuel.delacour@quebecormedia.com

 
 

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