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Jardin Notman

Des arbres centenaires en péril

20/06/2013 09h10 - Mise à jour 20/06/2013 09h15

Un des arbres du jardin a été marqué à l'aérosol mercredi.
Photo: Emmanuel Delacour
Des arbres centenaires sont en péril dans un des rares espaces verts du centre-ville de Montréal. Le jardin Notman, un petit lot situé en arrière de la maison patrimoniale du même nom, fait l'objet de l'ambition d'un promoteur immobilier qui veut y construire un édifice.

« La menace est imminente à notre avis. Le terrain, qui fait partie d'un ensemble patrimonial qui a été cédé au privé, contient plusieurs arbres qui ont été plantés au milieu du 19e siècle, alors que le terrain appartenait à William Notman», affirme Tony Antakly, un citoyen qui s'oppose à la destruction de l'espace vert.

Piper Huggins, conseillère d'arrondissement pour le district de Jeanne-Mance, partage la crainte de M. Antakly. « Techniquement, l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal n'a pas accordé de permis au promoteur pour qu'il procède à la coupe des arbres sur le terrain, mais comme on l'a vu avec la compagnie Olymbec dans Rosemont, l'absence de permis n'est malheureusement pas toujours garante de la protection des arbres », souligne Mme Huggins.

24h a d'ailleurs pu constater mercredi qu'un des arbres les plus imposants du terrain avait été marqué à l'aérosol, ce qui pourrait indiquer l'intention du propriétaire de l'abattre.

Déjà débouté

Ce n'est pas la première fois que des projets immobiliers menacent la pérennité du lieu. « En 2001 et 2005, notre groupe de citoyens s'était battu pour empêcher qu'on rase le jardin. Heureusement, les promoteurs avaient besoin d'une dérogation pour entreprendre quoi que ce soit, et l'arrondissement a refusé », rappelle M. Antakly.

Toutefois, ce dernier constate que dans le cas présent, le propriétaire est en plein droit et que la réglementation municipale a peu de chance de poser un frein à la coupe des arbres.

« C'est frustrant de constater que l'administration a très peu de pouvoir dans ce cas, souligne Mme Huggins. Le terrain coûte trop cher pour que l'arrondissement en fasse l'acquisition et la reconnaissance patrimoniale des lieux faite par le Plateau-Mont-Royal, n'est pas prohibitive », se désole Mme Huggins.

Cette dernière, ainsi que M. Antakly, disent avoir reçu un certain appui du maire, Luc Ferrandez, mais la création d'un fonds d'urgence serait nécessaire pour sauver le jardin.

Advenant l'obtention d'une somme suffisante pour racheter l'espace, l'arrondissement pourrait y créer un parc en friche, comme il l'a fait dans le « Champ des possibles », situé dans le secteur Saint-Viateur.

emmanuel.delacour@quebecormedia.com

 
 

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