24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

École Félix-Antoine : Une bouée pour raccrocheurs

30/04/2013 10h22 - Mise à jour 30/04/2013 10h30

Les enseignants de l'École Félix-Antoine sont tous bénévoles. Si certains sont retraités, d'autres offrent quelques heures par semaine, parallèlement à leur emploi.
Lydia Labbé-Roy/24h

Ils ont décroché avant l'obtention de leur diplôme d'études secondaires. Ils sont allés à l'école pour adultes, mais ça n'a pas fonctionné. Leur seul espoir de réussite : l'école Félix-Antoine.





Située dans le nord de l'île, il s'agit de la seule école francophone pour adultes ayant des difficultés scolaires. Cependant, elle pourrait ne plus être en mesure de fonctionner dans les prochaines années. Faute de subventions de la part du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), les responsables de l'école peinent à payer les services essentiels comme le loyer, l'électricité et le téléphone.





Le salaire des professeurs ne prend pas une grande part du budget puisqu'ils sont tous bénévoles. Certains sont des enseignants retraités, d'autres des volontaires qui donnent quelques heures par semaine en plus de leur travail régulier.





Passer la facture à leur quarantaine d'étudiants n'est pas non plus une solution. « Ils sont ici parce qu'ils ont une situation financière précaire, parce qu'ils n'ont pas obtenu leur diplôme d'études secondaire, explique la co-directrice de l'école, Denyse Mayano. On ne peut pas leur demander de payer plus.» Pour eux, cette école est une seconde famille qui les aide bien au-delà des cours de français et de mathématiques.

Actuellement, les seuls revenus de l'école proviennent de dons de particuliers et d'organismes, dont la Commission scolaire de Montréal, et d'activités de financement telles que des ventes de garage.





Une école privée





L'école Félix-Antoine a obtenu un permis officiel du ministère de l'Éducation du Québec en août 2004. Elle détient donc le permis pour dispenser les cours et faire passer les examens du ministère à ses élèves, mais pas question que le ministère leur accorde un sou.





«On n'a pas de subvention du gouvernement parce qu'au ministère de l'Éducation, il n'y a pas d'argent prévu pour les adultes âgés de 18 ans et plus qui ne sont pas dans une commission scolaire», dénonce Denyse Mayano.





De son côté, le MELS confirme qu'il n'a pas l'intention d'aider l'école. «L'École Félix-Antoine est un établissement d'enseignement privé et la Loi sur l'enseignement privé ne prévoit pas qu'un agrément aux fins de subventions puisse être autorisé pour les services éducatifs aux adultes de formation secondaire générale», indique la porte-parole du ministère, Esther Chouinard, par courriel.

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Un service de repas à faible coût

En plus de dispenser des cours, l'école Félix-Antoine offre un service de repas du midi au coût de deux dollars. Elle s'assure ainsi que tout le monde a le ventre plein pour bien assimiler les leçons.

«Si un élève ne peut pas payer son repas, il n'a qu'à mettre un petit papier dans le bol prévu pour récolter l'argent. Il nous rembourse lorsqu'il en a les moyens», explique Mélanie Chartrand. L'ancienne étudiante de l'école s'occupe de préparer bénévolement les repas.

«J'essaie que chaque repas contienne de la viande, parce que c'est ce qui coûte le plus cher et ça aide à leur concentration», mentionne-t-elle.

La plupart des aliments sont fournis par Moisson Montréal. Certaines semaines, par contre, l'organisme n'est pas en mesure de donner des denrées. Mélanie doit alors faire une épicerie avec les deux dollars payés par les étudiants qui prennent un repas.

 
 

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