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Des oiseaux pour reproduire des dinosaures

29/04/2013 11h41 - Mise à jour 29/04/2013 11h45

Hans Larsson travaille sur des embryons d'oiseaux qui possèderaient des caractéristiques proches de celles des dinosaures.
Photo: Ewan Sauves/24h
La trilogie Parc jurassique ne serait pas une simple œuvre de fiction finalement. Certains traits physiques de tricératops, vélociraptors et T-Rex pourraient être reproduits chez des oiseaux, soutient un professeur de l'Université McGill.

Depuis son plus jeune âge, Hans Larsson se voue une passion pour les dinosaures. Aujourd'hui, entre deux cours, il se confine dans son bureau du musée Redpath de la Faculté de sciences de McGill et tente de comprendre l'anatomie des oiseaux, crocodiles et autres reptiles, descendants directs de ces créatures, apparus sur Terre il y 240 millions d'années.

«Comme les oiseaux sont en quelque sorte des dinosaures, nous essayons de mieux comprendre leur développement, explique Hans Larsson, entouré de centaines de fossiles et de squelettes dinosauriens. Pourquoi les oiseaux ont-ils des petites queues et des plumes? Pourquoi ont-ils perdu leurs dents et fusionné leurs mains griffées pour en faire des ailes? Il y a beaucoup de transformation à étudier chez les oiseaux.»

Selon lui, des traits ancestraux spécifiques aux dinosaures sont visibles chez les embryons d'oiseaux. Son équipe effectue donc de séries de tests sur des œufs de poules et observe le développement des fœtus à la loupe.

«Si nous pouvons découvrir les processus impliqués, alors nous serons en mesure d'expliquer les différents changements génétiques qui sont survenus il y a 124 millions d'années chez les dinosaures et comprendre quand et comment leurs longues queues se sont rétrécies», dévoile le chercheur passionné.

Hans Larsson estime que ses travaux ont beaucoup de «potentiel». S'il dévoile des résultats concrets, il lui serait possible, par exemple, de changer l'anatomie de certaines espèces d'oiseaux et de les doter de traits physiques rappelant les dinosaures.

«Certaines questions éthiques devront être discutées, mais ça pourrait arriver, pourquoi pas! Aujourd'hui, on le fait déjà avec d'autres animaux, comme les mouches à fruits qui sont quotidiennement génétiquement modifiées.»

Des dinosaures au Québec?

Depuis dix ans, Hans Larsson a participé à de nombreuses expéditions archéologiques. Le musée Redpath de l'Université McGill renferme d'ailleurs plusieurs fossiles qu'il a déterrés en Afrique et aux États-Unis.

Le professeur a également voyagé dans les provinces de l'Ouest canadien, qui auraient été, selon lui, les terres de plus de vingt espèces de dinosaures.

«Ils étaient probablement au Québec aussi, mais nous n'avons pas trouvé de fossiles encore. Au Nunavut, on en a trouvé plusieurs et s'ils étaient tout en haut de la carte, pourquoi pas au Québec?» lance-t-il, le sourire en coin.

ewan.sauves@quebecormedia.com

 
 

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