24 HEURES - Le samedi 24 juin 2017

Pour l'internationalisation du savoir québécois

03/04/2013 18h08 - Mise à jour 03/04/2013 18h12

Le recteur de l'UQAM, Robert Proulx
Photo: Ewan Sauves/24h
Avoir le musée du Louvre comme laboratoire pour ses travaux de recherche, surveiller de près les zones forestières de la Scandinavie, étudier la philosophie en Aix-en-Provence et à Marseille : le recteur de l'UQAM, Robert Proulx, a fait part de sa vision audacieuse de l'internationalisation des universités, mercredi.

En présence du ministre Duchesne, le nouveau recteur a plaidé en faveur de l'élaboration d'une stratégie de collaboration plutôt que de compétition entre les établissements universitaires.

Dans un discours prononcé à la tribune du Conseil des relations internationales de Montréal, Robert Proulx a indiqué qu'un «réseau robuste basé sur la complémentarité» serait plus bénéfique aux universités et à l'accomplissement de leurs missions. Elles devraient travailler étroitement ensemble afin de rendre le savoir québécois accessible à l'ensemble du monde, a-t-il soutenu.

Selon M. Proulx, la concurrence qui règne actuellement entre elles n'a plus sa place. Grâce à un réseau universitaire collaboratif, les établissements pourront enrichir leur compréhension mutuelle des enjeux mondiaux et influencer leurs approches en matière de recherche et de formation, a souligné Robert Proulx.

Il a nommé plusieurs exemples de projets menés par l'UQAM sur le plan international, tels que le Centre d'étude de la forêt, qui étudie attentivement les zones forestières de la Scandinavie, et le doctorat en muséologie qui bénéficie d'une entente avec l'école du Louvre à Paris.

«Imaginez ce que ça veut dire pour nos étudiants et nos professeurs, d'avoir le Louvre comme laboratoire pour faire leurs travaux de recherche. C'est ce que ça fait l'internationalisation», a-t-il illustré.

Quelques réserves

La vision du recteur Proulx a suscité quelques inquiétudes. Hélène Davis, vice-rectrice aux relations internationales, à la Francophonie et aux partenariats institutionnels à l'Université de Montréal, a estimé que les universités risquent de perdre leur statut francophone en empruntant un tel virage international.

«Il faut faire preuve de souplesse, a répondu Robert Proulx. Quand on fait des collaborations avec le Brésil, les documents sont souvent en portugais. Cela n'empêche pas que l'on reste une université francophone et qu'on se présente quand une université francophone.»

Pour sa part, Max Roy, président de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université, a peur d'une «dispersion» et d'une «transformation» des programmes universitaires. «Les programmes qu'on offre à l'UQAM sont particuliers, a-t-il dit. Ce qu'on offre aux étudiants étrangers est intéressant parce qu'il y a une couleur locale. Comment se protéger pour préserver cette spécificité, en maintenant la qualité de nos programmes?»

Duchesne ne ferme pas la porte

Lors de son allocution, Robert Proulx a interpelé le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, lui demandant d'établir de vraies politiques d'internationalisation, fondées sur la collaboration entre les institutions. Pierre Duchesne a qualifié le discours du recteur d'«intéressant», mais a précisé que le gouvernement «n'est pas rendu là encore».

«On est dans la redéfinition, sous certains aspects, de nos universités à la suite du Sommet. Ça pourrait amener (des changements) dans les critères de financement, dire que si vous avez une approche plus collaborative, il y aura un appui financier plus important, a-t-il commenté. Ce n'est pas rejeté.»

ewan.sauves@quebecormedia.com

 
 

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