24 HEURES - Le mardi 18 décembre 2018

Journée internationale de la femme

Danser contre la violence

11/03/2013 12h03 - Mise à jour 11/03/2013 12h12

La danseuse professionnelle Rachel Harris anime des ateliers pour les femmes victimes de violences conjugales.
Courtoisie/Juan-F-Ruiz

Depuis 2009, l'association «Danse contre la violence» redonne confiance aux femmes, victimes de violence conjugale, à Montréal. Dans le cadre de la journée internationale des droits de la femme, le 24h a recueilli les propos de celles qui la font exister.

En partenariat avec des maisons d'accueil pour femmes, l'organisme «Danse contre la violence» propose des ateliers animés par des danseuses professionnelles.

«Je faisais du ballet quand j'étais jeune, mais ces ateliers étaient nouveaux pour moi», témoigne Alice*, résidante de la maison d'hébergement, La Dauphinelle. «J'y ai appris des techniques de relaxation, en cas de crises d'angoisse, poursuit-elle. Dès le premier atelier, j'étais plus détendue.»

Cette heure de danse lui permet de «ne plus penser à ses problèmes, de mettre son cerveau sur off, assure-t-elle. On bouge, on s'étire, il faut inventer des mouvements et utiliser notre créativité.»

Pour la danseuse Rachel Harris qui animent les ateliers, ces derniers ne s'apparentent pas à une thérapie, mais reposent sur des exercices de bien-être. Ils visent à tisser des liens entre les femmes et à leur redonner confiance en elles. D'une session à l'autre, «leur transformation est assez étonnante», raconte-t-elle.

Inquiètes et embarrassées au début, elles proposent des mouvements et des danses à la fin de l'heure. Chaque atelier commence par un réchauffement passe par une étape plus créative et se termine par un exercice qui peut facilement être refait seule.

Une création new-yorkaise

Cette approche, unique au Québec, vient des États-Unis. «Emballée par l'action communautaire de la chorégraphe new-yorkaise Gina Gibney», qu'elle a rencontrée pendant un stage en 2007, l'avocate Amélie Dionne-Charest a décidé d'implanter l'expérience ici. «J'aime la danse et les arts de façon générale et quand j'ai fait du théâtre, ça m'a fait un bien fou», a expliqué la jeune femme, maintenant directrice de l'organisme. Depuis son lancement en 2009, plus de 350 femmes ont participé aux 85 ateliers. En mai, une levée de fonds est organisée pour les financer lors d'une soirée à l'Agora de la Danse et d'autres intervenantes seront formées. À l'avenir, Mme Dionne-Charest cherche à étendre les ateliers à d'autres maisons d'hébergement, partout à travers le Québec.

Pour sa part, Rachel Harris pense que les ateliers pourraient être offerts aux enfants. À New-York, ils sont aussi proposés dans les prisons. * prénom fictif

En 2011

19 373 infractions, dont 5 535 à Montréal, dans un contexte conjugal ont été enregistrées par la police. (Source : Sécurité publique du Québec)

 
 

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