24 HEURES - Le jeudi 23 octobre 2014

Commission Charbonneau

Nicolo Milioto sera le prochain témoin

14/02/2013 16h50 

L'entrepreneur Nicolo Milioto et Nick Rizzuto échangent de l'argent comptant dans une vidéo présentée devant la commission Charbonneau
Photo Agence QMI / Archives
MONTRÉAL - L'entrepreneur ayant été décrit comme l'intermédiaire entre la mafia et le milieu de la construction, Nicolo Milioto, succédera à Joe Borsellino à la barre des témoins lundi, devant la commission Charbonneau.

La présence du président de Mivela Construction dans la salle d'audience la semaine dernière laissait déjà présager qu'il pourrait être le prochain à devoir s'expliquer devant les commissaires.

La confirmation est tombée, il prendra bel et bien le relais de son homologue de Construction Garnier, M. Borsellino, une fois que celui-ci aura été contre-interrogé.

Le nom de M. Milioto a été mentionné à plusieurs reprises depuis le début des travaux publics de la Commission. Surnommé le «middleman», il n'était visiblement pas un entrepreneur comme les autres.

C'est lui qui aurait reçu la mission de récupérer la fameuse redevance que les entrepreneurs collusionnaires versaient à la mafia, soit environ 2,5 % de la valeur des contrats publics qu'ils obtenaient, selon le témoignage de l'ancien président d'Infrabec, Lino Zambito. En échange, la mafia entretenait le système.

Dans plusieurs capsules vidéo filmées par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) au club Consenza, le quartier général du clan mafieux des Rizzuto, on aperçoit Nicolo Milioto récolter des liasses de billets des mains d'entrepreneurs en construction et les mettre dans ses chaussettes.

Selon plusieurs témoignages entendus devant la Commission, M. Milioto était à la tête de la collusion à Montréal et décidait du partage des contrats publics entre les entrepreneurs.

Le président de Mivela Construction est un acteur important dans l'industrie de la construction. Son entreprise, spécialisée dans le domaine des trottoirs, a remporté de nombreux contrats avec la Ville de Montréal.

Cependant, avant d'ouvrir un nouveau chapitre avec Nicolo Milioto, la commission devra tout d'abord tourner la page de Joe Borsellino. Le président de Construction Garnier sera de retour à la première heure lundi pour subir son contre-interrogatoire.

Pendant ses premiers quatre jours de témoignage au début de février, l'entrepreneur a mené la vie dure aux commissaires et au procureur qui l'interrogeait, Me Simon Tremblay.

Ses trous de mémoire à répétitions et ses explications, plus laborieuses les unes que les autres, ont parfois eu raison de la patience de la présidente.

Dès la reprise des audiences, Me Tremblay pourrait poser quelques questions additionnelles au témoin, avant que les avocats des autres partis ne soient autorisés à le contre-interroger.

Joe Borsellino a entre autres reconnu l'existence de la collusion entre entrepreneurs à Montréal et avoué avoir versé des pots-de-vin à des fonctionnaires.

Mais il a nié catégoriquement avoir bénéficié d'avantages dans l'obtention de contrats publics en échange des contributions financières qu'il versait à différents partis politiques.

Après les entrepreneurs Joe Borsellino et Nicolo Milioto, ce sera au tour de l'expert Guy Desrosiers, analyste-enquêteur de la Commission, de faire son entrée.
 
 

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