24 HEURES - Le jeudi 24 juillet 2014

Manque criant de professeurs dans les universités, selon la FQPPU

14/02/2013 14h54 - Mise à jour 14/02/2013 14h59

Michel Umbriaco, président du comité sur le financement des universités à la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU).
Photo: Ewan Sauves
Les universités québécoises sont aux prises avec un manque criant de professeurs, déplore la Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université (FQPPU). Elles ne rempliraient plus leurs missions fondamentales de produire et diffuser les savoirs, causant ainsi un «malaise constant» dans les salles de classe.

La FQPPU a dévoilé, jeudi matin, son deuxième rapport sur le financement des universités faisant état d'une pénurie de professeurs dans les établissements scolaires.

Michel Umbriaco, président du comité qui a réalisé l'étude, a indiqué qu'au cours des dernières années, le nombre d'étudiants n'a cessé de monter en flèche. Pendant ce temps, celui des enseignants traîne de la patte et les chargés de cours se font très rares, a-t-il soutenu.

«Ce qu'il manque au Québec, c'est au moins 813 professeurs, a déclaré M. Umbriaco. Dans certaines universités, pour offrir un cours, on exige qu'il y ait 46 ou 52 étudiants inscrits. Ainsi, on réduit les options et on a de moins en moins de cours spécialisés.»

Selon le président de la FQPPU, Max Roy, le financement actuel des universités ne s'avère bénéfique qu'aux personnels de direction et de gérance des établissements.

La masse salariale des cadres aurait augmenté considérablement entre 1998 et 2009, passant de 126 millions à 308 millions. Une hausse de 154 %, peut-on lire dans le rapport déposé jeudi.

«Sur la même période, la masse salariale des professeurs a augmenté de 58 %, a ajouté Max Roy. Ça montre qu'il y a une forte tendance à rendre les universités plus performantes sur le plan administratif, au détriment de la mission académique et de recherche.»

300 millions $ à investir maintenant

En plus d'embaucher des milliers de professeurs, la FQPPU désire voir la mise en place d'un Conseil des universités. Cet organisme «autonome, indépendant et multipartite», formé de différents groupes universitaires, pourrait avoir accès aux rapports financiers des établissements.

«Jusqu'à présent, on a l'impression qu'il n'y a pas de pilote et pas de commandant à bord», a lancé M. Roy.

Pour corriger le ratio étudiant/professeur et maintenir la qualité de l'enseignement, la FQPPU estime que près de 300 millions $ doivent être injectés immédiatement dans les universités.

«Cet argent-là doit venir de deux sources : des fonds publics du gouvernement et de la réappropriation des dépenses à l'interne des universités», conclut le président du comité sur le financement, Michel Umbriaco.

ewan.sauves@quebecormedia.com

 
 

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