24 HEURES - Le vendredi 21 novembre 2014

Saint-Valentin

Cupidon sur Facebook

13/02/2013 20h40 - Mise à jour 13/02/2013 20h49

Le réseau social Facebook regorge de pages Spotted.
Photo: Emmanuel Delacour
Le temps où l'on glissait secrètement des poèmes d'amour dans le casier de sa Valentine est dorénavant révolu. À l'ère du Web 2.0, les étudiants universitaires prennent d'assaut les réseaux sociaux pour déclarer, en tout anonymat, leur flamme à un inconnu.

Dans les couloirs des établissements scolaires, les va-et-vient sont constants et les chances de revoir passer la jolie blonde ou le grand gaillard qui a attiré votre regard sont minces.

Pour remédier à cela, des étudiants de plusieurs universités québécoises ont créé des pages Facebook, accessibles à tous, intitulées Spotted. Le concept est simple : écrire incognito un mot d'amour à celui ou celle qui a fait battre votre cœur, l'instant d'un regard.

«Ça joue sur les fantasmes. Il est question d'exprimer ce que tu ressens pour quelqu'un et le dire au grand public, expliquent Alexandre Lamoureux et Jason Blais, les deux instigateurs de la page HEC Montréal Spotted. Le but, c'est que la personne concernée se reconnaisse.»

Le phénomène n'est pas une invention québécoise. Les pages Spotted font rage depuis plusieurs années en Europe, pays, régions et domaines d'études confondus.

«Je suis Française et mon université à Montpellier raffolait de Spotted. Quand je suis arrivée ici, j'ai trouvé dommage que l'UQAM n'ait pas sa propre page», mentionne celle qui ramasse désormais les mots d'amour de son université.

Toutefois, force est de constater que les étudiants québécois raffolent de la formule. En un peu plus d'un mois, la page du HEC Montréal a séduit plus de 1000 internautes.

«On reçoit des alexandrins aux rimes embrassées, lancent en riant les deux étudiants. Il y en a qui mettent du temps et de l'énergie dans leur message. C'est surprenant!»

La communauté anglophone n'échappe pas à la nouvelle tendance. La bibliothèque de l'Université McGill serait le lieu de nombreux coup de foudre, selon Jiri Bindals.

«Quand tu étudies à la bibliothèque, tu es souvent distrait par les gens qui marchent. Tu ne peux pas t'empêcher de lever les yeux et de regarder partout dans la pièce», indique Jiri Bindals.

La Saint-Valentin risque d'être une journée chargée pour les gestionnaires de la page du HEC Montréal. Impossible de prédire le nombre de poèmes qui atterriront dans leur boîte de messagerie aujourd'hui.

«Ce sera occupé, mais ce sera plus fou lors des périodes d'examen, admettent Alexandre Lamoureux et Jason Blais. Ça fera peut-être du bien aux gens de prendre une pause 20 minutes pour écrire un poème à la fille qui est assise à la table d'en face.»

 
 

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