24 HEURES - Le lundi 20 octobre 2014

Pont Champlain: la Ville de Montréal dévoile ses attentes

03/02/2013 15h59 - Mise à jour 03/02/2013 16h06

Réal Ménard, responsable du transport au comité exécutif de la Ville de Montréal.
Photo: Ewan Sauves
La Ville de Montréal privilégie la mise en place d'un système léger sur rail (SLR) pour assurer le transport collectif sur le nouveau pont Champlain.

Dans une lettre envoyée au ministre fédéral des Transports le 30 janvier, le maire de Montréal, Michael Applebaum, et le responsable du transport au comité exécutif, Réal Ménard, ont formulé leurs attentes quant au projet de remplacement du pont Champlain.

Le futur pont Champlain devra disposer de huit voies de circulation, dont deux exclusivement réservées au transport en commun. La Ville de Montréal estime que l'ajout d'un SLR est l'alternative la plus efficace en terme de fluidité du trafic.

«Le gouvernement fédéral doit s'assurer que le pont Champlain n'augmente pas sa capacité routière, a indiqué hier, en point de presse, Réal Ménard. Conformément à notre plan de transport, la Ville de Montréal ne veut pas avoir la capacité actuelle du pont, en terme de voiture, et la fonctionnalité du nouveau pont devra tenir compte de la vocation des autres ponts de Montréal reliant la Rive-Sud et éviter les débordements dans l'ensemble du réseau routier.»

Actuellement, plus de 400 autobus circulent sur le pont quotidiennement, transportant plus de 20 000 passagers. Un SLR permettrait d'augmenter la capacité et de conduire 32 000 personnes aux heures de pointe, a ajouté M. Ménard. «Il pourrait y avoir 7 ou 8 stations sur le tracé et l'alimentation du système serait l'électricité. Le temps de parcours serait de 17 à 19 minutes.»

Rien n'est encore coulé dans le béton, mais le responsable du transport parle d'un coût estimé entre 1,4 et 2 milliards $ pour son implantation. C'est toutefois à l'Agence métropolitaine de transport (AMT) de déposer au gouvernement du Québec ses propositions quant au transport collectif sur le nouveau pont. Elle devrait le faire dans les prochains mois.

Des péages sur plusieurs ponts

Autre revendication de la Ville de Montréal : ne pas établir un «péage isolé» sur le pont Champlain, ce qui pourrait nuire à la circulation et créer de nombreux bouchons.

Un seul péage sur le nouveau pont aura des «répercussions sérieuses» sur d'autres infrastructures, tel que le pont Jacques-Cartier, le pont Honoré-Mercier et le pont Victoria, a prévenu Réal Ménard. La ville n'écarte donc pas l'installation de postes de péage sur les autres structures qui mènent à Montréal à partir de la Rive-Sud.

«Il faut voir le péage dans une réalité métropolitaine. S'il y a un péage sur le pont Champlain de manière isolé, ça fera de la pression pour les utilisateurs du pont Jacques-Cartier, du pont Victoria, etc. On veut que ce soit vu dans une vision d'ensemble, mais je ne suis pas en mesure de vous dire où les péages seront installés ni combien ça va rapporter.»

La Ville de Montréal demande également au gouvernement canadien de «puiser dans son trésor public» pour financer l'infrastructure. Si un poste de péage fait effectivement son apparition sur le pont Champlain, le fédéral devra partager les revenus, a lancé M. Ménard. «Une part de l'argent devra aussi aller au financement du transport collectif.»

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Le pont Champlain

- Pont le plus achalandé du Canada

- Débit de circulation annuel de près de 60 millions de véhicules

- Plus de 20 milliards $ de marchandises y transitent chaque année

- 400 autobus circulent sur le pont à l'heure de pointe du matin et du soir, servant plus de 20 000 passagers.

ewan.sauves@quebecormedia.com

 
 

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