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Occupées à 155%

Les urgences saturées par la grippe

04/01/2013 05h54 - Mise à jour 04/01/2013 14h22

Certains hôpitaux ont décidé d'interdire les visites aux patients.
Photo Archives / Agence QMI
MONTRÉAL - La grippe frappe fort au Québec ces dernières semaines, particulièrement depuis les Fêtes, alors qu’embrassades et poignées de main ont contribué à disséminer le virus de l'influenza. On pourrait même atteindre un sommet ce week-end.

Selon le Dr Richard Marchand, microbiologiste à l'Institut de cardiologie de Montréal, la saison de la grippe s'est déclarée de façon hâtive cette année.

Cette éclosion précoce a favorisé la transmission du virus. «En arrivant juste avant que la période des Fêtes ne commence, cela a permis une plus grande transmission de la grippe à l'intérieur des populations. Pendant les Fêtes, les gens se déplacent davantage. Donc le timing est responsable d'une grande dissémination de la grippe.»

Le Dr Marchand anticipe d’ailleurs un pic d'influenza pour la fin de semaine. «Les gens se sont rencontrés à nouveau le 31 et le 1er, et là, nous attendons un gros pic samedi et dimanche, a-t-il dit. On va briser des records depuis le temps qu'on surveille la grippe dans les années 60».

La vague de grippe qui touche l'ensemble de la province est causée par «une variante d'une souche plus virulente de la grippe, la H3N2», a expliqué la porte-parole de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Lise Chabot.

La H3N2 est toutefois comprise dans le vaccin contre la grippe proposé cette année, «donc il est encore temps de se faire vacciner pour s'en protéger», a souligné Mme Chabot qui a rappelé que le virus est actif jusqu'à la fin du mois de mars.

Le Dr Marchand se dit aussi préoccupé par la pénurie de trousses permettant de déceler les différentes souches d'influenza. «Le problème actuellement, c'est qu'on est à court de réactifs pour dresser des diagnostics», a-t-il indiqué. Il espère que les établissements de santé seront réapprovisionnés dans les prochains jours.

Une personne atteinte du virus de la grippe peut être contagieuse 24 heures avant et sept jours après l'apparition des symptômes. Contrairement au rhume, les symptômes de la grippe comportent généralement des douleurs thoraciques, de la fièvre, des maux de tête et des courbatures. À l'inverse, la congestion nasale, les éternuements et les maux de gorge sont attribuables au rhume.

Jusqu'à présent, près du quart des Montréalais ont reçu la version 2012-2013 du vaccin, selon la Direction de la Santé publique régionale.

Urgences débordées

À 10h jeudi matin, 155 personnes atteintes du syndrome d'allure grippale s'étaient déjà présentées dans les 17 hôpitaux de Montréal, selon les relevés fournis par l'Agence de la santé et des services sociaux.

Cette forte affluence a contribué à faire grimper le taux d'occupation des urgences à 155 % comparativement à 135 % la veille.

À lui seul, l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal avait déclaré 32 cas d'influenza à 10h jeudi. L'Hôpital de Montréal pour enfants, exclu du relevé des hôpitaux généraux, était particulièrement touché avec 90 cas.

Fermé aux visiteurs

Comme celles de Montréal, les urgences de Québec sont elles aussi prises d'assaut. À l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, par exemple, le temps d'attente était de 40 heures.

La situation est particulièrement critique à l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec à l'Hôpital Laval, où l’on a décidé d'interdire les visites aux patients.

Jeudi matin, l'hôpital comptait 43 patients atteints de la grippe et 15 de gastroentérite. On a donc pris les grands moyens pour éviter la propagation de ces maladies. D'ici lundi 14 h, aucune visite aux patients n'y sera permise.

À Trois-Rivières, depuis lundi déjà, le Centre hospitalier régional a limité la présence d’accompagnateurs à l'urgence en raison de l'épidémie.

 
 

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