24 HEURES - Le jeudi 21 août 2014

Chef autochtone d'Attawapiskat

250 000$ pour le ménage de Theresa Spence

03/01/2013 21h28 

Theresa Spence, la chef autochtone de la réserve ontarienne d’Attawapiskat.
Photo André Forget / Agence QMI

OTTAWA - Un audit montre que le ménage de la chef Theresa Spence a gagné 250 000 $ lors de l'exercice financier qui s'est terminé en mars 2011.

Mme Spence, qui réclame une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper pour discuter des conditions de vie difficiles dans sa communauté, a été payée 71 377 $ alors que son conjoint, Clayton Kennedy, est aussi employé par la réserve.

La société de conseil de M. Kennedy, Moo Shum Enterprises inc., a facturé 850 $ par jour à la réserve, soit 221 000 $ par année. Ces paiements sont détaillés sur le site internet attawapiskat.org.

Avec d'autres dirigeants de la bande qui gagnent plus de 100 000 $ par année et l'achat d'une surfaceuse durant une crise du logement, plusieurs s'interrogent à savoir pourquoi le mouvement «Idle No More» n'appelle pas à une meilleure surveillance financière.

Aussi, des documents datant de 2008 montrent que pendant que Mme Spence était enregistrée comme chef adjointe sous le nom de «Theresa Spence/Linklater», une autre personne nommée «Theresa Linklater» a aussi facturé 25 660 $ pour la gestion d'une garderie pendant trois mois.

Les états financiers dévoilent par ailleurs que des millions de dollars sont placés par la réserve dans des compagnies comme Apple, Disney et Shoppers Drug Mart.

Un écran de fumée, selon le sénateur Brazeau

Le mouvement de protestation «Idle No More» et la grève de la faim entreprise par la chef autochtone de la réserve ontarienne d'Attawapiskat, Theresa Spence, sont un «écran de fumée» pour faire oublier le manque d'imputabilité de certains chefs sur les réserves, croit le sénateur conservateur Patrick Brazeau.

M. Brazeau trouve étrange le fait que le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo, ait lancé un appel à la mobilisation des Premières Nations et invité le premier ministre Stephen Harper ainsi que le gouverneur général David Johnston à une rencontre à la fin de janvier sans toutefois mettre de propositions sur la table.

«La loi la plus raciste au Canada, c'est la Loi sur les Indiens, mais si on écoute les partisans du mouvement "Idle No More", on n'entend rien parler des solutions qu'ils veulent apporter en vue d'une rencontre avec le premier ministre et deuxièmement, on ne parle aucunement du potentiel pour éliminer cette loi raciste-là», a-t-il dit lors d'une entrevue avec l'Agence QMI.

À ses yeux, il s'agit «d'un écran de fumée parce qu'on ne veut pas parler des vraies problématiques sur les réserves».

À commencer par les états financiers de la réserve d'Attawapiskat, selon lui, une communauté de 2000 personnes.

«Qu'il y ait 21 personnes de payées au sein du conseil de bande, soit trois chefs et 18 conseillers, c'est épouvantable», a dit M. Brazeau.

Si les non-autochtones posent des questions à ce sujet, «ils vont être vus comme des racistes». Et si lui, membre d'une communauté autochtone, le fait, il se fait traiter de «pomme rouge».

«Malheureusement, quand ils voient un autochtone qui fait partie d'un gouvernement, c'est pareil comme si je suis un vendu, a déploré le sénateur Brazeau. Je ne suis pas un vrai autochtone, je suis une pomme rouge, blanc à l'intérieur, rouge à l'extérieur, et je travaille à l'encontre des autochtones, mais c'est le contraire.»

«Un mouvement anticonservateur»

Selon le sénateur Brazeau, les protestations de Theresa Spence sont, à la base, «un mouvement anticonservateur», car celle-ci a refusé de rencontrer le ministre des Affaires indiennes, son secrétaire parlementaire ou lui-même, membre du caucus autochtone conservateur, alors qu'elle a rencontré des députés «d'arrière-ban libéraux et néo-démocrates».

Une rencontre des Premières Nations à l'occasion du premier anniversaire du rassemblement entre la Couronne et les Premières Nations est prévue pour le 24 janvier.

«On souhaite alors faire avancer les questions de la mise en application des traités, de gouvernance et de développement économique», a plaidé le chef Atleo dans un communiqué de presse publié jeudi.

Il n'est pas clair si MM. Harper ou Johnston y prendront part.