24 HEURES - Le mercredi 23 juillet 2014

Propos insultants

Bergeron se défend

18/12/2012 14h40 - Mise à jour 18/12/2012 19h36

Richard Bergeron
Photo: Agence QMI / Archives
MONTRÉAL - Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, est accusé d'avoir tenu des propos insultants et dégradants à l'égard de plusieurs élus de Vision Montréal, mais il a vivement nié ces allégations mardi.

La conseillère municipale Véronique Fournier entend porter plainte contre lui auprès du ministère des Affaires municipales du Québec. Selon elle, Richard Bergeron l'a traitée d'«ostie de salope», le 6 décembre dernier, dans le hall de l'hôtel de ville, alors qu'elle était accompagnée de son attachée de presse Militza Jean.

Mme Fournier a raconté avoir demandé à M. Bergeron si cela le dérangeait qu'elle réagisse avant lui en point de presse dans le hall compte tenu du fait qu'elle devait siéger à la commission sur les finances. M. Bergeron aurait refusé de lui céder la place et c'est après ce bref échange qu'il aurait utilisé l'expression «ostie de salope» à son égard, mais aussi à l'endroit de Mme Jean, qui s'est également sentie visée.

Un autre incident se serait produit mardi matin vers 9 h 30, toujours à l'extérieur de la salle du conseil municipal à l'hôtel de ville de Montréal.

Cette fois, dans le cadre d'une conversation privée dont elle a été témoin, Véronique Fournier dit avoir entendu Richard Bergeron et Luc Ferrandez, le maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, traiter Benoît Dorais, le maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, de «gros cave» et «gros calice».

Véronique Fournier comptait écrire dès mardi au ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, pour qu'il fournisse au président du conseil des pouvoirs de sanction contre les élus qui tiennent de tels propos à l'extérieur de la salle du conseil.

Bergeron dément

Richard Bergeron a vivement répliqué mardi après-midi à la conseillère de Vision Montréal Fournier. «Ce sont des mots que je n'utilise jamais, ni dans ma vie privée, ni dans ma vie publique, a-t-il dit. Je démens tout et je trouve d'ailleurs que la situation est démente. Rappelons-nous le contexte du 6 décembre dernier : on était dans le grand hall de l'hôtel de ville, le maire Applebaum venait de terminer son point de presse, les journalistes se sont alors tournés vers nous et, là, on a eu une petite dispute entre attachés politiques sur qui parlerait en premier entre moi et Véronique Fournier, de l'opposition officielle. Croyez-vous que j'aurais utilisé des mots comme ça devant toutes les caméras de télévision et les journalistes? C'est inimaginable!»

Richard Bergeron se souvient plutôt avoir dit : «Quel culot!»

Concernant l'incident de mardi matin, le chef de Projet Montréal assure n'avoir jamais proféré d'insultes à l'égard du maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais.

M. Bergeron reproche toutefois à son collègue Luc Ferrandez, maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, d'avoir été «d'une extraordinaire impolitesse».

«Il est vrai que M. Ferrandez a dit des mots comme ceux-là, a reconnu M. Bergeron. Je l'ai pris par le bras et je lui ai dit de me suivre dans la salle du conseil tout de suite. Je l'ai ensuite réprimandé. L'incident est clos.»

Le chef de Projet Montréal a précisé qu'il avait conseillé au maire Ferrandez de parfois se taire.

Richard Bergeron n'écarte pas la possibilité d'entamer des recours en diffamation contre Véronique Fournier, mais la décision du chef de Projet Montréal n'est pas encore prise. Il entend y réfléchir pendant le temps des Fêtes.

Quant à la plainte de Mme Fournier, si elle dépose effectivement sa plainte, une fois que celle-ci aura été acceptée par le ministère, elle sera transférée à la Commission municipale du Québec. Elle pourrait éventuellement mener à une sanction, soit une simple réprimande, soit une suspension d'une durée n'excédant pas 90 jours, a indiqué Me Daniel Bouchard, avocat spécialisé en affaires municipales. La personne fautive ne pourrait pas toucher son salaire pendant cette suspension.

 
 

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