24 HEURES - Le mercredi 23 janvier 2019

Un Québec numérique en retard

22/11/2012 12h23 - Mise à jour 22/11/2012 17h12

Michel Cartier, Hervé Fisher et Michelle Blanc.
Emmanuel Delacour/24h
Le Québec tire de la patte dans le monde numérique. C'est le constat que pose un groupe de 13 personnalités du domaine technologique et des communications, étonnées du retard de la province dans ce domaine.

« Il y a quatre ans, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) classait le Québec au cinquième rang canadien dans le domaine des technologies.

Toutefois, il se retrouve aujourd'hui en dixième place du classement. Nous prenons du retard! », s'exclame Hervé Fisher, philosophe et fondateur de La Cité des arts et des nouvelles technologies.

Les conclusions du collectif sont troublantes. La question identitaire du Québec serait en péril à cause de ce recul de la province. « Comment ferons-nous la transmission de notre culture aux futures générations si nous n'en retrouvons plus aucune trace sur l'Internet de demain? », s'interroge Michel Cartier, professeur au Département des communications de l'UQAM.

En effet, près de 27 % des utilisateurs d'Internet parlent l'anglais, 23 % le mandarin, mais à peine 3 % ont le français pour langue maternelle. De plus, 57 % du contenu sur le Web est écrit en anglais, alors que seulement 4 % de l'information qui y circule est dans la langue de Molière. Selon eux il faut créer une agence provinciale des technologies numériques, afin d'assurer la pérennité de la culture québécoise sur Internet. « Le français sera-t-il un mur ou une fenêtre sur l'avenir? », questionne M. Cartier. Effectivement, l'industrie des technologies de l'information (TI) représente une importante portion des revenus du Québec, mais semble délaissée par le gouvernement.

« Je suis étonné que le tourisme ait un ministère, des fonctionnaires et un budget alors qu'ils rapportent dix milliards de dollars de revenus pour le Québec comparativement aux TI qui elles en rapportent 25 milliards, dont 30 % sont exportés aux É-U, sans aucune planification », s'étonne Michelle Blanc, consultante et auteure en stratégie web.

Celle-ci s'insurge, entre autres, contre le fait que les fournisseurs Internet au Québec offrent des connexions « haute-vitesse » trois fois moins rapides que celles que l'on retrouve au Canada et aux États-Unis.

emmanuel.delacour@quebecormedia.com

 
 

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