24 HEURES - Le jeudi 31 juillet 2014

Rapport Bouchard-Taylor

La laïcité demeure en chantier

12/11/2012 07h38 - Mise à jour 12/11/2012 10h05

Le professeur Norman Cornett et le réalisateur Stefan Nitoslawski.
Ève Lévesque/24H

Près de cinq ans après le dépôt du rapport Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, les questions de la laïcité et de la reconnaissance des diplômes des immigrants flottent encore sans réponse concrète.

Selon le professeur Norman Cornett, spécialiste des sciences religieuses et du nationalisme québécois, le Québec est à un carrefour par rapport à ces deux questions. «Le Québec doit d'abord regarder en arrière et se demander ce qu'il fait de sa tradition chrétienne-francophone, souligne-t-il. Quel est son rapport avec son avenir pluriculturel? Comment devra-t-il réconcilier son passé avec l'immigration, qui est de toute évidence, au point de vue démographique, son avenir?»

Le professeur Cornett anime des «rencontres dialogiques», pendant lesquelles il invite le public à venir discuter d'un sujet précis avec un politicien, par exemple. Les rencontres de dimanche et lundi portent sur les impacts de la commission Bouchard-Taylor, dont le rapport a été publié en mai 2008.

«La commission Bouchard-Taylor n'est pas un terminus. C'est plutôt le début, explique le professeur. Le rapport et la commission ont établi les balises et les grands principes à l'intérieur desquels nous pouvons trouvé des solutions propres à la société québécoise.»

Selon le professeur, «la commission nous a donné les directives et c'est à nous, citoyens, de les appliquer et d'en assurer la suite.»

Un exemple de démocratie

Pour Stefan Nitoslawski, réalisateur du documentaire «Liberté, égalité accommodements», qui porte sur la période tumultueuse de la commission, la démocratie participative exploitée par les commissaires Charles Taylor et Gérard Bouchard constitue un phénomène unique. «En regardant toutes les crises qu'on vit au Québec, qu'on parle de scolarité, de laïcité, de confiance gouvernementale, je pense que ce modèle de démocratie participative où le public peut s'exprimer et influencer les gestionnaires est un exemple à suivre», dit-il.

«La culture québécoise est à définir, poursuit le professeur Cornett. C'est là l'essentiel du rapport Bouchard-Taylor. Ces questions soulevées en 2008 restent avec nous, entières. C'est à nous d'y répondre maintenant.»

Le lundi 12 novembre, le professeur Cornett recevra, au Gesù, le réalisateur Stefan Nitoslawski et la psychiatre Lucie Nadeau. Le lundi suivant, il recevra le commissaire Charles Taylor.