24 HEURES - Le lundi 20 octobre 2014

Peer Khairi

Coupable de meurtre au deuxième degré

11/11/2012 15h53 

Peer Khairi recevra automatiquement une sentence de prison à vie.
Photo courtoisie Pam Davies

TORONTO - Un Torontois d'origine afghane a été trouvé coupable dimanche de meurtre au deuxième degré pour avoir tranché la gorge de sa femme.

Peer Khairi recevra automatiquement une sentence de prison à vie. Le juge Robert Clark de la Cour supérieure de l'Ontario déterminera s'il est admissible à la libération conditionnelle.
L'accusé n'a laissé paraître aucune émotion lorsque le verdict est tombé. Il a toutefois fini par enfouir sa tête dans son bras gauche.

L'homme âgé de 65 ans a admis avoir tué sa compagne de plus de 30 ans en mars 2008. Le jury n'a toutefois pas cru qu'il avait été provoqué par le comportement agressif de sa femme Randjida qui, au moment du drame, l'aurait menacée d'un couteau en vociférant des insultes.

Le corps de la femme âgée de 53 ans a été retrouvé dans leur appartement situé dans le quartier Etobicoke, dans l'ouest de ville de Toronto. Sa gorge était tranchée et elle avait reçu cinq coups de couteau au torse.

Les deux procureurs de la Couronne ont argué que Khairi avait tué son épouse parce qu'elle et ses six enfants ne respectaient pas les règles strictes de leur héritage culturel afghan.
«Il avait beaucoup de colère et se plaignait qu'elle n'agissait pas comme une femme se doit de le faire et que ses enfants ne se comportaient pas de façon appropriée», a dit le procureur, Robert Kenny.

Une vie au service d'un tyran

Randjida avait été choisie comme deuxième épouse par la première femme infertile de Peer Khaidi. Elle a mis au monde six enfants en Afghanistan dans ce foyer polygame dominé par un homme tyrannique qui la traitait de «pute». Elle a même mendié dans les rues pour subvenir aux besoins de la famille.

Lorsqu'ils ont déménagé au Canada, en 2003, le mari a commencé à se plaindre que Randjida changeait. Il déplorait qu'elle affirme avoir droit à l'égalité et que les Canadiennes aient autant de droits.

En 2008, Randjida tentait justement de se prévaloir du droit de quitter son mari. Elle était entrée en contact avec l'Organisation des femmes afghane pour obtenir de l'aide.

D'autre part, l'avocat de la défense a toujours nié la thèse du crime d'honneur et du choc culturel. Il a tenté en vain de convaincre le jury que l'accusé, dépressif, illettré et isolé, souffrait de troubles mentaux.


 
 

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