24 HEURES - Le mercredi 22 novembre 2017

Rêve urbain

Redonner vie à une rivière à Montréal

15/10/2012 14h16 - Mise à jour 15/10/2012 14h25

Le documentaire Lost Rivers s'est inspiré du travail du photographe Andrew Emond.
Photo de courtoisie / Andrew Emond
Avec son documentaire sur les rivières perdues, la Montréalaise Caroline Bâcle lance un débat : doit-on ressusciter une rivière dans la métropole ? Si oui, laquelle ?

Le film Lost River, de Catbird Productions, a été présenté il y a quelques jours au festival torontois Planet in focus. Il s'agit d'un évènement cinématographique réunissant les caméras à l'affut de problématiques environnementales.

Pour mener à bien son documentaire, la directrice a parcouru les égouts de six villes dont Londres, Brescia ( Italie ), Toronto, une ville de Corée du Sud, et bien sûr, Montréal.

Seulement chez nous, on compte pas moins de cinq rivières. Et peu de gens seraient en mesure de nommer une d'entre elles.

« Ici, il y a beaucoup de potentiel, indique-t-elle a souligné Mme Bâcle qui souhaite éveiller les consciences à l'importance de ramener les rivières dans la ville. On ne se rend pas compte de ce qu'il y a sous nos pieds. »

Rouvrir une rivière

Ce documentaire retrace l'histoire de cours d'eau qui ont vu naître les civilisations, pour ensuite être ensevelis ou cachés. Toutefois, une poignée de citoyens militent pour qu'on leur redonne vie.

Cette idée ne séduit pas encore nos élus.

« Ils ne sont pas encore suffisamment sensibilisés, note le planificateur urbain, Jean Descaries. Pourtant, on a des documents, comme c'est le cas de la rivière du Cimetière Côte-des-Neiges, mais la Ville n'a pas de programme. »

Il explique qu'on peut très bien jumeler renaissance de rivières et création de valeur foncière, ce qui en ferait un projet viable économiquement.

La directrice du documentaire, qui a suivi durant un an le processus complet menant à la renaissance d'une rivière à Yunkers, en banlieue de New York, chérit elle aussi ce rêve en apparence fou.

« Il y a des rivières qui resteront toujours sous terre, dit-elle. Mais pour d'autres, on pourrait ramener l'eau dans l'environnement urbain. »

Cette semaine sera lancée, au Festival du nouveau cinéma, non pas le documentaire, mais une application pour téléphones intelligents servant à en apprendre davantage sur les rivières de la métropole. Lost rivers apparaîtra en salle sous peu.

 
 

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