24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Sur le toit de Concordia

Un jardin grâce aux excréments de poissons

28/09/2012 12h10 - Mise à jour 28/09/2012 12h18

Jonathan Douaire travaille à développer l'aquaponie.
Photo Étienne Laberge / 24h
Un petit groupe de passionnés au pouce vert ont ce projet fou de faire pousser plants de tomates, concombres et ciboulette à l'aide d'un aquarium rempli de poissons. En ville, ce procédé futuriste permettrait à tous d'avoir son propre jardin… sans terrain.

Dit simplement, l'aquaponie consiste à utiliser les excréments de poisson en suspension dans l'eau pour faire pousser des plantes. Tout ça dans un environnement contrôlé puisque les poissons sont bien vivants à quelques pas des racines.

« C'est une relation gagnant-gagnant puisque les poissons profitent d'une eau de qualité à cause du travail naturel des plantes, et les plantes grandissent grâce à ce qu'on pourrait appeler du fumier de poisson », explique le jardinier et ingénieur de formation, Jonathan Douaire.

Une telle installation pourrait révolutionner la façon de jardiner et de s'alimenter dans une ville comme Montréal où les jardins communautaires affichent complets et les terrains sont hors de prix.

Une bassine remplie d'eau, 24 poissons rouges, un substrat spécial qui remplace la terre et le tour est joué. La récolte est prévue dans trois mois.

« On peut commencer par des salades, puis ensuite des tomates ou des concombres, puis tu peux passer aux fruits, note Stéphanie Dimitrovas, une étudiante impliquée dans le projet. Ça dépend du ratio de poissons. »

L'hiver…

Le projet développé au 13e étage de l'Université Concordia n'a pas son égal au Québec. Et bien qu'il est la preuve que le procédé, déjà répandu en Australie, est possible, les défis sont de taille.

À commencer par l'hiver.

« Nous utilisons des poissons rouges, mais les pays chauds utilisent le tilapia. Ce serait intéressant d'utiliser des espèces d'ici, comme des perchaudes et des poissons-chats, car avoir des poissons qui meurent l'hiver, ce n'est pas l'idéal », justifie M. Douaire.

Utiliser le tilapia au Québec demanderait de construire des serres.

« Ce n'est pas économique selon l'environnement où on se trouve », prévient-il à propos des coûts de l'énergie et de l'espace requis.

On peut avoir plus de détails en tapant Concordia green house project aquaponics sur un moteur de recherche.

etienne.laberge@quebecormedia.com

 
 

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