24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Pauline Marois prête serment

17/09/2012 16h32 

Pauline Marois a été assermentée.
Photo Mathieu Bélanger / Reuters

QUÉBEC - Pauline Marois a profité de la cérémonie d'assermentation des 54 députés du Parti québécois, lundi, pour tendre la main une fois de plus aux partis d'opposition, anticipant le «tourbillon de la vie parlementaire» à la rentrée.

La chef péquiste, qui dirigera un gouvernement minoritaire, veut «en finir avec la politique de la division». Dans son bref discours, suivant le serment d'allégeance traditionnel qu'elle a prêté à la Reine Élizabeth II et au peuple québécois, elle a indiqué vouloir gouverner «avec beaucoup d'ouverture», prônant le dialogue.

«Les Québécois ont choisi le changement et ils ont choisi de le faire avec un gouvernement du Parti québécois. Ce que je souhaite, c'est rassembler les Québécois autour de ce qui nous unit. Quand un peuple retrouve sa fierté et sa confiance, rien, absolument rien ne lui est impossible», a déclaré Mme Marois, qui doit annoncer la composition de son Conseil des ministres mercredi.

Parmi les aspirants à une limousine, Jean-François Lisée prédit que sa chef en surprendra plusieurs qui ont des réserves. Elle saura «habiter le rôle» de première ministre de «façon exemplaire», a-t-il dit.

«Une femme de consensus»

Nicolas Marceau, potentiel ministre des Finances, s'est dit convaincu, à l'instar de plusieurs autres députés, que le PQ parviendra à ses fins. «Il n'y a pas d'obstacles insurmontables. Il faudra faire preuve d'intelligence et être créatif.»

Bernard Drainville reconnaît que le PQ, en étant minoritaire, sera confronté à un «bon défi» mais sa chef est particulièrement bien préparée pour son prochain rôle, a-t-il fait valoir. «C'est une femme pragmatique, modérée et une femme de consensus.»

Les relations avec Ottawa s'annoncent toutefois tendues. M. Drainville n'a pas manqué l'occasion de dénoncer la décision du gouvernement Harper de porter en appel le jugement sur le registre des armes à feu. Une «belle occasion ratée» par Ottawa, selon lui, pour «poser un geste de bonne volonté envers le nouveau gouvernement du Québec».

Le doyen, François Gendron, élu pour la dixième fois en Abitibi, a également encensé sa chef, qui sera bientôt plongée dans une toute nouvelle dynamique parlementaire. «J'ai énormément confiance en sa capacité de prendre les bonnes décisions. Il faut respecter le choix de l'électorat. On va l'exercer en connaissance de cause. Il y a moyen de poser des gestes de gouvernance qui vont démontrer notre capacité à gérer le Québec.»

Serge Cardin très applaudi

Environ 400 personnes avaient été conviées à l'Assemblée nationale pour la cérémonie. Plusieurs ont remarqué l'absence du drapeau du Canada, retiré du Salon rouge par le PQ, qui en a pourtant pris l'habitude depuis belle lurette à l'occasion des assermentations dans le passé.

Plusieurs nouveaux députés, dont Léo Bureau-Blouin, Jean-François Lisée, Pierre Duchesne et Daniel Breton, ont été ovationnés. Le tombeur de Jean Charest dans Sherbrooke, Serge Cardin, a eu droit aux applaudissements les plus nourris.

Les 50 députés du Parti libéral du Québec et les 19 députés de la Coalition avenir Québec seront assermentés à leur tour, mardi, à l'Assemblée nationale. Les deux députés de Québec Solidaire patienteront jusqu'au 26 septembre. Les travaux parlementaires devraient reprendre à la fin du mois d'octobre.


 
 

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