24 HEURES - Le lundi 22 avril 2019

Résidence en faillite

Des personnes âgées jetés à la rue

03/08/2012 19h40 

Lise Bernard et sa mère à sa nouvelle résidence.
Photo Benoit Gariepy / Agence QMI

QUÉBEC – La mauvaise gestion d'une propriétaire de résidence pour personnes âgées de Beauceville a jeté à la rue, jeudi, 21 personnes qui ont eu moins de 24 heures pour se trouver un nouveau chez soi.

«Je suis allée voir ma mère hier matin (jeudi) et j'ai appris qu'elle devait avoir quitté son appartement pour 16h. C'est épouvantable d'agir de la sorte avec des personnes si vulnérables et dépendantes.»

Cette situation, vécue par la mère de Lise Bernard, a été partagée par l'ensemble des résidants de la Villa Léry, exploitée depuis cinq ans par Karine Gagné.

Mercredi en soirée, l'ensemble des pensionnaires a appris que l'immeuble allait être saisi et qu'on mettrait la clé dans la porte parce que Mme Gagné avait du mal à payer.

«C'est épouvantable! C'est criminel ce qu'elle a fait là! Mercredi et jeudi, ça pleurait là-dedans, ça criait. Les gens se sentaient démunis et surtout pris en otages», a commenté une voisine qui a préféré garder l'anonymat.

Selon une autre dame rencontrée, la propriétaire faisait encore des promesses aux résidants, il y a moins d'une semaine, en leur disant qu'il n'y avait pas de problème, qu'elle allait s'en sortir et qu'il n'y avait aucune inquiétude à avoir.

La popote roulante

«Je lui ai dit ma façon de penser jeudi. Je lui ai dit qu'elle avait été sauvage. Elle m'a simplement dit que c'était ça qui était ça... En plus, mercredi soir, il n'y avait plus rien à manger là-dedans. C'est la popote roulante qui est venue», s'est insurgée Claudette Boulet.

«Les problèmes financiers de la dame étaient importants et c'est la caisse, je crois, qui l'a saisie. Le personnel n'était plus payé et il désirait partir depuis un moment», a fait savoir Jean-Luc Parenteau, directeur des services pour personnes adultes avec troubles d'adaptation au CSSS de Beauce.

Même si le CSSS n'avait pas à gérer l'établissement, qui était privé, il s'est vu dans l'obligation de prendre en charge les personnes démunies qui se sont subitement retrouvées à la rue.

Au moment du passage du Journal de Québec, vendredi, des amis et membres de la famille tentaient de récupérer certains objets personnels. Toutefois, les serrures avaient été changées par un huissier.

 
 

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