24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Pont Jacques-Cartier bloqué

La fille d'Amir Khadir accusée

16/05/2012 19h30 

Avec 20 autres personnes, Yalda Machouf-Khadir, 19 ans, a comparu devant le juge Jean-Pierre Boyer.
© Michel Desbiens / Agence QMI
MONTRÉAL – C'est sous haute tension que la fille du député de Québec Solidaire Amir Khadir a comparu mercredi après-midi, suite à son arrestation mardi matin lorsque le pont Jacques-Cartier a brièvement été bloqué.

Avec 20 autres personnes, Yalda Machouf-Khadir, 19 ans, a comparu devant le juge Jean-Pierre Boyer au palais de justice de Montréal. Tôt mardi, elle aurait fait partie d'un groupe qui avait brièvement bloqué l'accès au pont Jacques-Cartier.

Au total, c'est 9 femmes et 12 hommes âgés pour la plupart dans la jeune vingtaine qui ont été accusés de méfait de plus de 5000$, de complot et d'entrave aux agents de la paix. Plusieurs d'entre eux sont des étudiants, à l'UQAM ou au Cégep du Vieux-Montréal.

Lors de leur arrivée dans le box des accusés, quelques femmes étaient en pleurs. Elles ont toutes été libérées sous conditions, même si quelques-unes ont hésité avant d'accepter.

«Si vous n'acceptez pas l'interdit de contact, vous resterez détenue jusqu'à votre enquête sur remise en liberté, a tonné le magistrat. C'est non négociable!»

Ces mots auront vite fait de convaincre les accusées en larmes. Les hommes, qui ont comparu juste après, ont été moins émotifs, acceptant à tour de rôle les conditions de remises en liberté en attendant la suite des procédures.

Strictes conditions

Jusqu'à ce que le dossier soit clos, les accusés ne pourront plus s'approcher à moins de 300 mètres du pont Jacques-Cartier ou à 100 mètres du parc Emilie-Gamelin.

Ils ne pourront pas communiquer entre eux, aller dans des manifestations illégales ou violentes, et se sont fait interdire le port du masque ou d'un déguisement entre autres. Il leur sera également interdit d'avoir en leur possession toute arme et ils ne pourront pas être en contact avec une personne qui possède un casier judiciaire ou qui a une cause pendante.

«Ce sont des conditions difficiles, a commenté l'avocat des accusés Me Denis Poitras. Ils n'ont aucun antécédent, ce ne sont pas des criminels.»

Yalda Machouf-Khadir devra en plus se rapporter une fois par semaine au centre opérationnel Sud de la police de Montréal. En gardant la tête haute, l'air grave, elle a accepté les conditions. Elle fait partie des rares qui n'ont pas versé de larmes.

Des exceptions ont été accordées pour ceux qui travaillent à proximité du parc Emilie-Gamelin, et pour les coaccusés qui sont en couple.

Le groupe reviendra en cour le 20 juillet prochain, a fait savoir la procureure à la Couronne, Me Audrey Simard.

«Si on a de la preuve et que c'est opportun de porter des accusations, on se doit d'agir, c'est notre travail», a fait savoir la procureure, qui a insisté pour dire que ces accusations n'ont pas pour but d'être un exemple pour d'autres manifestants.

Haute sécurité

La comparution du groupe s'est faite sous haute sécurité au palais de justice de Montréal. À l'entrée, la fouille des sacs était obligatoire et il fallait traverser des détecteurs de métal pour entrer dans la salle d'audience et des constables spéciaux veillaient à ce que tout se passe dans le calme.

Compte tenu du grand nombre de membres de la famille, de sympathisants et de journalistes, une salle de retransmission de l'audience a été ouverte pour suivre la comparution.

Là encore, des constables spéciaux ont fait savoir qu'ils ne tolèreraient aucun débordement.

Ce n'est pas le premier démêlé judiciaire pour Yalda Machouf-Khadir. La jeune femme de 19 ans avait également été accusée pour des méfaits qui auraient été commis le 16 février dernier, à l'aube du mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité.

Elle avait également reçu une contravention pour le blocus du pont Champlain en heure de pointe le 20 mars dernier.

 
 

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