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SAQ

Hausse des prix: meilleure qualité recherchée

06/05/2012 01h30 

Cette hausse résulterait d’une augmentation des ventes de vins d’une gamme supérieure, croit-on à la SAQ.
© Archives / Agence QMI
QUÉBEC – Les Québécois dépensent de plus en plus pour leurs bouteilles de vin. Selon les plus récentes données, le prix moyen des vins vendus en succursale a augmenté de 3,06 % depuis un an.

Cette hausse résulterait d'une augmentation des ventes de vins d'une gamme supérieure, croit-on à la SAQ. Autrement dit, les clients seraient prêts à payer davantage pour des vins de meilleure qualité, ce qui fait grimper la moyenne des prix, a expliqué la porte-parole de la SAQ, Isabelle Merizzi

« Les Québécois consomment de plus en plus des vins qualitatifs et de moins en moins de vins entre 9 $ et 12 $. Ils poussent de plus en plus la barre de 20 $, même en semaine », a répondu d'emblée Mme Merizzi. « Il y a une montée en gamme », a-t-elle analysé.

À titre d'exemple, le Liano, que l'on retrouve au sixième échelon du top 50 des ventes à la SAQ, en 2011-2012 (voir tableau), a fait l'objet de promotions agressives dans la dernière année. La SAQ a écoulé plus de 532 000 bouteilles, soit près de 150 000 bouteilles de plus que l'année d'avant (15e rang du top 50).

« On en a tellement vendu que ça a fait monter la moyenne. Des champagnes et des mousseux aussi », a-t-elle fait valoir.

Packaging

« Les Québécois raffolent des promotions, a renchéri le chroniqueur vin Philippe Lapeyrie. Ils connaissent leur affaire et veulent des bons “deals”. On veut en avoir pour notre argent et ce n'est pas parce qu'on est “cheaps”, mais parce qu'on boit beaucoup de vin. » Présentement, c'est 23 litres de vin par habitant, plus que dans toute autre province.

« Dans la liste, on retrouve aussi le Voga dont la bouteille ressemble à un Chanel No 5, a-t-il ajouté. La bouteille a de la gueule, et le vin est bien fait en plus. Le ”packaging” est super important. Il y a 7000 sortes de vin en SAQ; alors, il faut trouver des techniques de vente pour charmer l'œil des clients. »


Ménage à Trois : un vin californien au sommet

QUÉBEC – Pour la deuxième année d'affilée, c'est le vin rouge californien Ménage à Trois (Folie à Deux) qui domine outrageusement le palmarès de la SAQ, au chapitre des ventes.

Plus de 1,2 million de bouteilles vendues dans la Belle Province. À lui seul, ce vin rouge représente 0,67 % des ventes totales de la société d'État, soit 23,9 millions $, loin devant son plus proche poursuivant, un spiritueux (la Vodka Smirnoff triple distillation), qui a rapporté 18,4 millions $.

« C'est quand même un vin à 20 $ (NDLR : le nouveau prix affiché en succursale est de 18,95 $). Je suis très étonné de ça, j'en reviens juste pas! a réagi le chroniqueur vin du Journal de Québec, Claude Langlois. Personnellement, ce n'est pas ma tasse de thé, mais je respecte le goût de chacun. Et je suis content de voir qu'il y a au moins 12 vins sur les 33 (dans la liste des 50 produits les plus vendus 2011-2012) que j'ai déjà recommandés. »

Vins du Nouveau Monde

Dans le palmarès des ventes, publié dans le cahier des crédits budgétaires de la SAQ déposé récemment à l'Assemblée nationale, on retrouve donc 33 vins, 15 spiritueux et deux boissons panachées (Cooler Smirnoff Ice et Rev Vodka).

« Il y a énormément de vins du Nouveau Monde (18 dont sept de la Californie et six de l'Australie) et beaucoup moins de vins de la Vieille Europe, a fait remarquer le sommelier et chroniqueur Philippe Lapeyrie. La principale raison? Ce sont de grosses compagnies, de gros domaines. Pas des petits châteaux avec 15 hectares où l'on fait du vin en famille avec les enfants... Ménage à Trois, ils ont les reins solides pour placer de la publicité à la SAQ. »

Merlot Grand Sud

L'Italie (huit vins) et la France (sept vins) occupent toujours le haut du pavé même s'ils ont perdu des parts de marché au fil des ans. Le Merlot Grand Sud, un vin français à 11,15 $, est bon troisième en termes de ventes (16 millions $).

Toutefois, ce pinard écrase littéralement la compétition au chapitre du volume de ventes avec 1 455 061 bouteilles écoulées dans la dernière année, devant le rosé d'Ernest & Julio Gallo (2e au palmarès de la quantité avec 1 343 633 bouteilles et 5e au palmarès de la valeur).

« Le Gallo, c'est normal, c'est le vin le plus vendu au monde, a laissé tomber M. Lapeyrie. C'est sucré, les gens boivent ça à quatre degrés, puis ça nous rafraîchit. Ce n'est pas parce que les Québécois ne connaissent pas ça, mais il y a un gros marché pour les vins un peu plus confits, riches et boisés, qui sentent la vanille, le butterscotch ou le caramel. Ça sent bon, c'est invitant... bien plus qu'un vin qui sent la pierre à fusil comme un grand Sauvignon de la Loire. »

« Je trouve ça hétéroclite et à la fois représentatif du palais québécois, a souligné Claude Langlois. On retrouve des vins doucereux qui contiennent un peu de sucre. Je pense au Ménage à Trois, Apothic Red ou le Liano. Mais en même temps, parmi les meilleurs vendeurs, il y a des rouges qui sont complètement secs comme le Brouilly de Georges Dubœuf. »

À noter que le Fuzion argentin (Shiraz/Malbec Zuccardi Mendoza), un vin bon marché qui a dominé le classement des ventes pendant plusieurs années, a glissé au second rang, l'an dernier, et se retrouve au 5e échelon, cette année (22e dans notre tableau des ventes en dollars) en raison d'une baisse de régime notable (325 000 bouteilles de moins qu'en 2010-2011).

 
 

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