24 HEURES - Le mercredi 23 janvier 2019

Les groupes environnementaux crient famine

25/04/2012 13h55 

Photo: archives QMI
Des groupes écologistes dénoncent leur sous-financement par le gouvernement Charest, qu'ils considèrent comme une véritable guerre d'attrition.

Bruno Massé, coordonnateur du Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), ne dérougit pas. « En 2005, on avait 500 groupes écologistes communautaires et maintenant, il n'y en a plus qu'une centaine. Chaque année, on en perd ».

Selon lui, le gouvernement favoriserait le financement des projets, plutôt que celui des organismes. « Quand on milite pendant six mois, on s'épuise, explique-t-il. L'argent ne sert pas à payer le loyer, les salaires ou la connexion Internet. C'est éphémère s'il n'y a pas de permanence ».

Près de 95 % de l'argent attribué par le ministère de l'Environnement, du Développement durable et des Parcs (MDDEP) à la mission globale est octroyé aux Conseils régionaux d'environnement (CRE) et aux Organismes de bassins versants (OBV).

Ces deux types d'organisations ont des représentants du milieu communautaire sur leurs conseils d'administration, mais aussi des secteurs économiques et politiques.

Seule une demi-douzaine d'organismes environnementaux reçoivent des fonds pour assurer leur fonctionnement. Résultat, le nombre de groupes chute depuis des années.

« La concertation, pour le gouvernement, c'est la seule façon de protéger l'environnement, déclare Stéphane Gingras, d'Ambioterra. C'est mettre ensemble des élus, des acteurs de l'industrie et des écolos de service. Je n'ai rien contre la concertation, mais ce n'est pas le seul outil ».

La situation est tellement précaire pour les organismes communautaires qu'ils doivent souvent cesser leurs actions plusieurs mois par année, en attendant du financement éventuel pour développer de nouveaux projets.

« Habituellement, on se met sur le chômage trois ou quatre mois par année. C'est difficile de fonctionner correctement de cette façon », poursuit M. Gingras.

Coordonnatrice à Action Re-Buts, Bogdana Lupas-Colinet abonde dans le même sens. « Une fois le projet terminé, on est censé mettre la clé sous la porte en attendant le financement de nouveaux projets. Même les citoyens ne comprennent pas qu'on ne puisse plus exister et répondre à leurs demandes ».

jeanfrancois.villeneuve@24-heures.ca

 
 

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