24 HEURES - Le mercredi 22 novembre 2017

Selon une commission spéciale

Le suicide assisté doit être légalisé

22/03/2012 11h54 

© Agence QMI / Archives
QUÉBEC - Le Québec devrait légaliser le suicide assisté, à condition que l'« aide médicale à mourir » soit encadrée rigoureusement et s'exerce à la suite d'une demande libre et éclairée de la personne malade.

Telle est la conclusion de la commission spéciale « Mourir dans la dignité ». La Commission a dévoilé le fruit de ses travaux, jeudi matin à l'Assemblée nationale, après deux ans de labeur et de réflexion. Elle y va de 24 recommandations unanimes, incluant la modification des lois pertinentes.

« Nous sommes convaincus que la société québécoise souhaite ce changement. Nous avons conclu qu'il faut acquiescer aux demandes d'aide à mourir dans des circonstances bien précises. Une nouvelle option est en effet nécessaire dans le continuum de soins de fin de vie, car les soins palliatifs ne peuvent soulager toutes les souffrances physiques et psychologiques des personnes malades », peut-on lire dans le rapport.

« Cette aide consiste en un acte posé par un médecin, dans un contexte médical, à la suite d'une demande libre et éclairée faite par la personne malade elle-même. Ce changement s'impose puisqu'il permettra des morts plus douces et des fins de vie plus sereines, y compris pour les personnes qui n'auront jamais recours à l'aide médicale à mourir, mais qui sauront que cette option existe, si jamais leurs souffrances deviennent intolérables. »

Les auteurs du rapport se sont aussi inspirés des expériences à l'étranger. Ainsi, ils disent avoir l'assurance, étude à l'appui, que « l'aide médicale à mourir ne portera pas préjudice aux personnes les plus vulnérables, puisqu'il est possible de bien la circonscrire et la baliser afin d'éviter tout risque d'abus ».

Les membres de la Commission, issus de tous les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale, recommandent aussi au ministère de la Santé et des Services sociaux le développement des soins palliatifs au Québec. Ils suggèrent aussi de dispenser une formation en soins palliatifs à tous les intervenants du réseau de la santé et d'investir dans la recherche.

 
 

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