24 HEURES - Le samedi 17 novembre 2018

Projet de loi 47 à Montréal : l'opposition tire à boulets rouges sur les zones franches

21/02/2012 20h41 

Les partis d'opposition à la Ville de Montréal s'inscrivent en faux avec le projet de Québec de créer des zones franches d'approbation référendaire. Ils craignent ainsi de voir les Montréalais bâillonnés en matière d'aménagement.

« C'est très rétrograde à l'époque où plus que jamais les citoyens veulent être partie prenante de l'aménagement urbain », a dénoncé en Conseil de ville Louise Harel, chef de Vision Montréal.

Dans le cas où le projet de loi 47 serait adopté tel quel, l'administration municipale pourrait désigner des territoires – appelés des zones franches d'approbation référendaire – où les citoyens n'auraient plus le droit de se prévaloir du mécanisme référendaire pour manifester leur désaccord lorsque de nouveaux projets y seraient annoncés.

« C'est particulièrement un problème où il y a requalification des secteurs industriels vétustes et Montréal est un berceau industriel », souligne Mme Harel.

Vision Montréal a donc demandé le retrait de cet article du projet de loi dans une motion déposée mardi. Les élus du conseil n'ont pas rejeté l'idée, mais ont plutôt confié à l'une des commissions parlementaires d'étudier la question.

Ce n'est pas terminé, avertit Mme Harel. Une grande mobilisation citoyenne à laquelle doivent prendre part plus de 140 organismes est prévue pour le 6 mars.

Pour Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, l'article 82, c'est « servez-vous, si vous avez des ambitions de développement, et que vous ne voulez pas que les citoyens vous emmerdent ».

Consultations pour les projets majeurs

Son parti réclame que des consultations soient obligatoires pour tous les projets majeurs envisagés dans les futures zones franches.

Dans l'état actuel du projet de loi, « il y aurait consultation sur l'établissement de zones franches que lors de l'adoption d'un plan d'urbanisme. »

Or, « c'est quelque chose de très abstrait pour les citoyens, continue cet urbaniste devenu politicien. Les gens s'activent plutôt quand un projet est annoncé dans leur quartier immédiat, ce qui peut être plusieurs années après l'adoption du plan et, donc, de la consultation sur la zone franche ».

Les citoyens se butteraient alors à l'impossibilité d'exprimer leur opinion sur ledit projet lors de son annonce, déplore M. Bergeron. « Ils vont se faire dire : "il aurait fallu que tu te manifestes il y a trois ans" », lance-t-il ironiquement.

sarah.belisle@24-heures.ca

 
 

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